La nouvelle n'a pas fait grand bruit. Et pourtant, elle s'ajoute à la longue liste d'usines qui ferment. Est-ce par lassitude, par résignation que nous ne bougeons pas ? Est-ce parce que ce n'est pas (encore) notre tour et que nous ne voulons pas gâcher nos derniers moments d’insouciance ?

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2441255&rubId=4079

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20100928trib000553535/unilever-ne-produira-plus-du-the-lipton-made-in-france.html

L'usine Lipton de Gémenos (près de Marseille) ferme. Là-bas, on fabriquait jusqu'à ces derniers temps le thé et les infusions des marques Lipton et L'Eléphant, racheté par Lipton quelques années plus tôt. Ainsi, le géant Unilever ferme encore une unité de production en France. Ici, dans l'Yonne, nous devrions êtres plus sensibles encore aux « liptons » dans la mesure où l'usine Amora d'Appoigny a fermé il y a deux ans en même temps que l'usine Amora de Dijon.

http://altermondyonne.canalblog.com/archives/2008/12/06/11650946.html

La stratégie de l'ogre Unilever est simple. On s'empare des fleurons spécialisés de l'agroalimentaire français dont on connait l'excellence dans le monde entier. Après avoir étudié les procédés de fabrication et les goûts du public, on ferme les unités de production en emportant les recettes. Au besoin, si ce n'est déjà fait, on fait breveter les recettes pour empêcher une entreprise locale implantée depuis longtemps de continuer à fabriquer le même produit ou de racheter l'usine. La moutarde de Dijon peut bien être fabriquée n'importe où ailleurs. Il est vrai qu'il n'y a pas de raison pour s'en offusquer. Sauf que, dans nos vieux pays (« la vieille Europe » fustigée en son temps par l'administration Bush), la notion de terroir n'est pas un vain mot et qu'on demeure attaché à un certain goût français. C'est valable pour la moutarde mais aussi le camembert et, on le sait moins, pour le comté menacé par la Commission européenne pour entrave à la concurrence.

Au delà de l'attachement au terroir, ce qui choque, c'est que le produit continuera à être fabriqué (au contraire des tubes cathodiques ou des cartes perforées) mais ailleurs et continuera d'être vendu aux clients d'ici. 182 personnes vont rejoindre leurs camarades d'Appoigny et de Dijon au chômage.

Pour connaître le programme des prochains licenciements, il suffit de consulter le site d'Unilever et lire la liste des marques. S'il y a une usine près de chez toi, dis-toi qu'elle est en sursis. Quand tu fais tes courses, regarde bien si le grand U apparaît sur le paquet et pense à nos camarades privés de leur moyen de gagner leur vie honnêtement.

http://www.unilever.fr/ourbrands/

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