mars 2011

L'Espresso, 18 mars 2011

Au moment où, suite à l'émotion suscitée par l'accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement italien semble hésiter sur le retour annoncé vers le nucléaire (abandonné par référendum en 1987), L'Espresso publie une série de câbles diplomatiques américains révélant "un scénario où les pots-de-vin ont décidé de l'avenir énergétique du pays". Obtenus par WikiLeaks, ces documents attesteraient qu'entre 2005 et 2009, les Etats-Unis comptaient pousser l'Italie vers le nucléaire afin de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et de l'influence du partenariat entre le groupe italien ENI et le russe Gazprom. Pour cela, Washington aurait engagé un long bras de fer avec les concurrents français EDF-Areva, avantagés par les rapports privilégiés avec de nombreuses entreprises italiennes. A la fin, écrit L'Espresso, les lobbyistes américains sont parvenus à convaincre Rome à abandonner les critères de sécurité fixés par l'UE pour les nouvelles centrales en faveur de ceux, plus souples, de l'OCDE. Une victoire pour leurs entreprises, "obtenue au détriment de la sécurité des Italiens".