Si on dit pas que c’est écolo mais que ça vient de NY, peut-être que ça marchera ici aussi…

Texte et photos Sophie Caillat

«  l’affaire des nounous  » a porté un sale coup à la réputation de l’établissement. Dans ce quartier intello qui n’en finit pas de s’embourgeoiser, certains adhérents à l’emploi du temps trop chargé avaient choisi d’envoyer leur employé de maison bosser bénévolement à leur place – «  Le temps, c’est ce qu’on a de plus précieux  », philosophe Joe Holtz. Désormais, le contrôle à l’entrée se fait sur photo.

Dans les rayons : wasabi, fougère, daïkon, champignons... débordent

Le problème de la Coop, c’est le manque de place. Produits et affichettes débordent de partout. Si vous voulez une nouvelle marque de yaourts, vous le mettez dans le livre des suggestions.

Les acheteurs décident ensuite, en concertation avec la communauté, s’ils le mettent en rayon. Puis, comme partout ailleurs, si les nouveaux produits ne se vendent pas, ils sont retirés.

Ici, on trouve des pousses de wasabi et de fougère, du daïkon, treize sortes de champignons… et même, depuis 1991, de la viande (de l’agneau venu d’Australie, mais du bœuf uniquement nourri à l’herbe).

La bière a fait son introduction plus récemment (elle n’est pas vendue fraîche afin d’éviter qu’elle ne soit consommée tout de suite). Les produits sont majoritairement bio (sauf si la différence de prix est trop importante), et provenant de fermes locales (enfin, situées à moins de 800 kilomètres). (Photo : AFP.)

A la crèche, des nounous surbookées

Un service de baby-sitting gratuit permet de déposer ses enfants pour faire les courses ou prendre son tour de travail. Les nourrices sont évidemment des membres de la communauté.

Le nombre d’enfants est limité à douze s’il y a trois bénévoles pour s’en occuper, et à dix s’ils ne sont que deux : «  Il est recommandé de s’organiser autrement si vous voulez être sûr d’avoir une place  », souligne le règlement.

Dans les bureaux, on prépare la retraite

Parmi les 60 salariés de la Coop, 19 sont affectés à la coordination des bénévoles. La coopérative ajoute 21% sur le prix de gros et réalise depuis peu des bénéfices, qui sont réinvestis dans la baisse des prix.

Il faut aussi organiser le don des invendus à des associations caritatives, le recyclage de toutes les matières d’emballage, le compostage, la filière de recyclage des déchets électriques...

Et mettre en place des règles particulières pour certains membres. Ainsi, vous ne pouvez prendre votre retraite de la Coop et continuer à y consommer que si vous avez 65 ans et au moins vingt ans d’ancienneté. Les seuls autres motifs pour être exempté sont le handicap ou le congé maternité. Vous pouvez être radié si vous ne respectez pas les règles – une amnistie est quand même possible après une période de probation.

Au quotidien, la coopérative fonctionne comme une vraie communauté à l’américaine, avec ses événements organisés dans une grande salle, comme des cours de cuisine ou des fêtes d’anniversaire.

A la rédaction, on prépare le journal de la communauté

Une partie des bénévoles sont affectés à la réalisation du Linewaiter’s Gazette, le journal de la communauté. On peut lire dans un numéro récent un article titré : «  Galettes de riz et chips d’algue  : les conséquences de Fukushima sur la nourriture  ».

Un autre revient sur un documentaire consacré à la gentrification de Brooklyn et réalisé par une des membres de la Coop.

Dans les colonnes se trouvent aussi une foultitude d’annonces pour les soirées de la communauté  : soirée jeux pour tous les âges, soirée « savoir quand prendre sa retraite », cours de BodyTalk (science du toucher) ou pour apprendre la photo avec son iPhone… De quoi occuper toute sa semaine avec les coopérateurs.