Le projet d’aéroport Notre Dame des Landes : 2000 ha de terres agricoles supprimées
LE PROJET D’AÉROPORT NOTRE DAME DES LANDES N’A AUCUN FONDEMENT ÉCONOMIQUE
Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)
http://www.m-pep.org/spip.php?article2490
Le 21 janvier 2012.
Le M’PEP s’est associé à l’appel pour dénoncer le projet du nouvel aéroport Notre Dame des Landes (NDDL) près de Nantes :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2009
Ce projet est devenu en quelques années un emblème national d’une aberration sociale, économique et écologique, conjuguant une gabegie des finances publiques, un déni de démocratie locale et un gâchis écologique en supprimant 2 000 hectares de terres agricoles à 30 km au nord de Nantes.
Le projet d’État est porté par les élus socialistes de la Région Pays-de-la-Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et de la ville de Nantes en la personne de son maire, Jean-Marc Ayrault, par ailleurs président du groupe socialiste à l’Assemblé nationale et fervent soutien à François Hollande. La réalisation du projet a été confiée au groupe Vinci, premier groupe mondial de concessions et de construction (35 milliards de CA en 2010), connu pour sa gestion d’autoroutes et de parkings (souterrains en ville, gares TGV, « covoiturages » près des péages d’autoroute…). Le groupe Vinci est le constructeur désigné de la ligne LGV Tours-Bordeaux dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) et partenaire plus que douteux dans la construction de l’autoroute Moscou – Saint Petersbourg :
http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/convergence-des-luttes-et-luttes-internationales/khimki-en-lutte-contre-une-autouroute-construite-par-vinci-russie/
La construction d’un nouvel aéroport à la place de l’aéroport existant Nantes-Atlantique fait l’objet d’une vive opposition locale au sein du collectif d’associations, comme l’ACIPA (http://acipa.free.fr/) et Solidarité écologie, qui regroupe, entre autres, un collectif de près de 1 000 élus (CéDpa – le Collectif d’élu-e-s Doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre Dames des Landes-), représentant de nombreuses sensibilités politiques allant du NPA à Europe Écologie les Verts, du Parti de Gauche au Modem (http://aeroportnddl.fr).
Les élus favorables au futur aéroport NDLL opposent une fin de non recevoir aux arguments avancés par une opposition grandissante au projet. Ceci suscite interrogations, manifestations, débats publics et demande d’une étude économique indépendante. Le collectif d’élus opposés au projet a sollicité un cabinet d’étude européen néerlandais (CE Delft, www.cedelft.eu) pour réaliser une double expertise :
(i) passer au crible l’analyse économique de l’enquête d’utilité publique de 2006 qui concluait à un bénéfice global pour la collectivité estimé à plusieurs centaines de millions d’euros,
(ii) comparer les deux solutions suivantes : garder l’aéroport existant ou en construire un nouveau. Les conclusions du rapport sont édifiantes : http://aeroportnddl.fr et http://www.cedelft.eu/index.php?go=home.showPublicatie&id=1191)
Le premier constat de l’étude conclut que le projet du nouvel aéroport NDDL repose sur des bases économiques largement erronées : non-respect de directives nationales, erreurs de calculs qui divisent pratiquement par trois le principal bénéfice de l’analyse économique initiale, zones de flou comme par exemple le coût environnemental (exemple : coût de la gestion de l’eau, coûts de compensation de la suppression ou dégradation des zones humides…), débordement systématique d’optimisme. Au final, en corrigeant les erreurs et exagérations du scénario retenu par les porteurs du projet, la construction de l’aéroport NDDL se solde par un déficit global pour la collectivité estimé à 600 millions d’euros.
La seconde conclusion est encore plus explicite. En comparant les deux solutions (maintenir l’aéroport existant ou en construire un nouveau), garder l’aéroport actuel Nantes-Atlantique en l’améliorant (modernisation de la voie ferrée existante, agrandissement du terminal et des parkings, construction d’une piste transversale pour remplacer à terme celle existante) s’avère être la solution la plus intéressante pour la collectivité, l’opération se solde par un bénéfice global estimé entre 100 et 160 millions d’euros selon que l’on intègre ou non une piste nouvelle.
Il ressort de cette expertise que l’étude socio-économique initiale du projet du nouvel aéroport Notre Dame des Landes n’est pas fiable et qu’un tel programme apportera à la collectivité plus de coûts que de bénéfices. La conclusion pour le collectif d’élus est simple : la Déclaration d’utilité publique du projet annoncée en 2008 doit être abrogée puisqu’elle est fondée sur des données insuffisantes et partiales.
Il est clair que la poursuite d’un tel projet illustre une nouvelle fois, non pas l’incohérence des déclarations publiques, mais la poursuite de la logique de l’emprise libérale sur l’économie. C’est-à-dire privatiser les bénéfices (ceux du groupe Vinci), socialiser les déficits par les impôts locaux, refuser tout débat démocratique, ignorer le coût environnemental par la destruction non motivée de terres agricoles.
En Espagne, les Indignés « libèrent » des immeubles pour les familles à la rue
Par Emmanuel Haddad (3 janvier 2012)
http://sos-crise.over-blog.com/article-en-espagne-les-indignes-liberent-des-immeubles-pour-les-familles-a-la-rue-97614668.html
Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ?
Dans l’Edificio 15-O, à Barcelone, neuf familles vivent sans craindre l’expulsion. À l’issue des grandes mobilisations de l’automne pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’au manque de logements publics, les Indignés ont pris possession de cet immeuble vide de la rue Almagro. Grâce à un petit miracle juridique, les familles qui s’y sont installées ne craignent désormais plus les poursuites pénales. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.
300 familles expulsées chaque jour
Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque à la suite de la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’Edificio 15-O n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location (voire notre reportage).
« En Hollande et dans d’autres pays, il y a des amendes, voire plus, au bout d’un an et demi d’inoccupation des logements. Mais l’Espagne est à la traîne. Si l’État est incapable d’octroyer un logement digne, l’occupation devient une alternative légitime », considère Jon Aguirre Such, membre de Democracia Real Ya et de Paisaje Transversal, une plateforme qui travaille sur de nouveaux modèles de gestion urbaine. « Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat », énonce l’article 47 de la Constitution. Le 7 novembre, le juge d’instruction a pris acte de ce droit, en tenant compte des circonstances exceptionnelles de la crise : l’occupation est liée « au chômage des jeunes, au difficile accès au logement, à la spéculation urbanistique et aux alternatives autogérées ». Un jugement qui fera désormais jurisprudence.
Vers un mouvement d’occupation de masse ?
L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais, à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif », selon un voisin de l’Edificio 15-O venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’"okupa" – terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone – dans le cas de l’Edificio 15-O. Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’université de Barcelone. Une partie du mouvement Okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous.
Ce nouveau type de squat a surtout un objectif social [1]. Les familles qui vivent aujourd’hui dans l’immeuble de la rue Almagro ont déjà subi au moins une expulsion. Dans l’immeuble inachevé, où il a fallu attendre un mois avant d’installer l’eau courante, on trouve des appartements neufs et de qualité, mais sans meubles. Certains ont dégoté un four pour cuisiner. Pour les autres, les Indignés qui s’occupent de l’organisation de l’immeuble font tourner une cantine communautaire au rez-de-chaussée.
Quand les collectifs de squatteurs remplacent les services sociaux
Adrián passe la plupart de ses journées à chercher du travail et ne profite de la cantine que le soir. Ce jeune Roumain vit au premier étage avec sa femme. Ils sont un des seuls couples sans enfant de l’immeuble : leur fils de 11 mois a été pris en charge par les services sociaux à Cadix. Ils font tout pour le récupérer. Une séparation douloureuse pour tous ceux qui, parmi les 150 000 familles espagnoles menacées d’expulsion, ne sauront pas trouver un toit pour leurs enfants.
À l’instar des autres familles, ils n’ont ni le temps ni la tête aux tâches quotidiennes de l’immeuble. « Au début, il y avait beaucoup d’échanges, mais à présent seules quelques familles viennent manger et cuisiner de temps en temps avec nous », souligne Natacha. La jeune femme fait partie de ceux qui se sont portés volontaires pour organiser la vie quotidienne. Cette photographe dort depuis le 15 octobre dans l’immeuble, après avoir passé ses nuits avec les Indignés de la plaza Catalunya. Une suite logique, pour elle. Et un quotidien éreintant, entre nettoyage et assemblées à répétition, où se décident les questions internes à l’immeuble, les fêtes de quartier ou les relations avec la presse. Pour beaucoup de ces jeunes issus du mouvement Okupa, c’est une nouveauté de vivre avec des habitants qui ne suivent pas leur mode de vie communautaire. « On n’est pas une secte ! Nous sommes ici pour les soutenir et leur permettre de vivre le mieux possible », précise Natacha. Balai en main, elle nettoie une salle destinée à accueillir des jeux d’enfants.
Spéculation privée ou logements sociaux ?
Soutenir les familles expulsées : une mission des services sociaux de la ville. Mais leurs efforts ne suffisent plus face à la vague quotidienne de gens jetés à la rue. « Les services sociaux construisent un hôtel d’urgence pour accueillir les familles dans le besoin. Mais celles-ci doivent quitter les lieux au bout de trois jours... C’est la seule solution qu’ils ont trouvée », rélève Antonio, membre de « 500x20 ». 500 logements avec un loyer correspondant à moins de 20 % du revenu de leurs habitants : telle est la revendication de ce collectif de quartier né à Nou Barris en 2006, qui dénonce la pénurie de logements publics à Barcelone. Chaque semaine, ils reçoivent plusieurs cas de familles sur le point d’être expulsées : « On les dirige vers un avocat et, pour les cas sans solution légale, on se charge de les "reloger". » Avec une occupation de logements vides. « Nous devons agir de manière subtile pour ne pas être accusés d’incitation au délit », souligne-t-il.
Indignés, 500x20, Miles de Viviendas... Si ces collectifs en viennent à outrepasser la loi, c’est, soutiennent-ils, parce que la politique du logement à Barcelone privilégie la spéculation privée au détriment de l’offre publique. Récemment, 500x20 a envahi le siège de l’Agence du logement de Catalogne pour dénoncer la spéculation immobilière. En réponse, l’agence publique s’est engagée à consacrer 3 000 logements vides à la location publique, à des prix accessibles. Preuve pour Antonio que la municipalité préfère réserver ses immeubles vides au marché privé plutôt qu’aux familles désœuvrées.
Des centaines de maisons murées par la municipalité
Une critique dure à avaler pour Gerard Capó, directeur technique au Consortium du logement de Barcelone. Depuis 2009, le programme pour lequel il travaille a permis de reloger 337 familles modestes, avec un loyer s’élevant à 20 % de leurs revenus. « La situation actuelle à Barcelone nous dépasse tous, on ne peut financer des logements que selon nos capacités », reconnaît Gerard. Le programme se charge de trouver des logements, mais aussi de financer 80 % du loyer.
Beaucoup de militants du droit au logement négligent de souligner les efforts de l’administration publique, regrette Gerard. Des efforts réels, souligne-t-il, dans la même veine que le programme « location accessible » lancé le 10 novembre par la Fondation sociale de la Caixa. La fondation de cette banque va permettre l’accès à 3 000 logements pour des familles précaires, à des loyers accessibles. « Ils nettoient leur image. C’est un bon début, mais il faudrait qu’il n’y ait plus aucun logement vide à Barcelone », considère Antonio, de 500x20. « Dans le quartier de Bon Pastor, il y a des centaines de maisons murées, aux toits détruits par la municipalité même de Barcelone !, témoigne Manuel Delgado. Pourquoi ne les utilise-t-on pas ? » En attendant, les Indignés continuent de « libérer » des logements vides. Suivant l’exemple de l’Edificio 15-O, cinq nouveaux bâtiments ont été occupés en novembre.
Emmanuel Haddad
Notes
[1] Dans Désobéissance civile et démocratie, l’historien états-unien Howard Zinn définit la désobéissance civile comme une « violation délibérée de la loi dans un objectif social ». L’auteur américain évoque des actions, comme celle de « voisins qui empêcheraient l’expulsion d’une famille incapable de payer son loyer » :« Même s’ils ne concernent qu’un individu ou une famille, [ces actes] adressent un message plus général sur les défaillances de la société. »
Que nous révèlent ces symptômes, de la santé du système économique dans son ensemble ?
J’ai rédigé une préface pour le nouveau livre d’Alain Gauvin, dont plusieurs billets ont été publiés ici. Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?, Éditions Milleli 2011.
José d’Acosta est né en 1539 et mort en 1600. Missionnaire jésuite, il vécut au Pérou de 1569 à 1585 ; il demeura alors trois ans au Mexique, où il étudia la culture aztèque. Décontenancé par l’abominable cruauté de celle-ci, il s’interrogeait : « Quelle signification assigner au spectacle qui se déroule sous mes yeux ? », jusqu’à ce qu’un jour, l’illumination se fasse : « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».
Cette anecdote m’est revenue à l’esprit en lisant le livre que vous vous apprêtez à lire. J’aimerais pouvoir faire comme d’Acosta : attribuer un sens aux comportements décrits, en les exilant dans un « enfer » comme celui des bibliothèques, en les qualifiant de « contes qui nous sont parvenus de la préhistoire ». Hélas, il s’agit bien du monde où nous vivons encore, et le spectacle qui s’offre à nos yeux pour notre édification est celui d’un univers que le Droit comme on le comprenait autrefois : le versant pratique de l’éthique, a désormais déserté. À sa place : une loi de la jungle, encore appelée « loi du marché ».
Le livre d’Alain Gauvin explore cette jungle où, et comme son titre l’indique, il nous est donné de voir les veuves de Carpentras du monde entier mobilisées dans une tâche collective pour laquelle elles n’étaient sûrement pas préparées : mettre leurs économies en garantie des excès de Wall Street – sans en avoir été prévenues, bien entendu.
Que nous révèlent ces symptômes, de la santé du système économique dans son ensemble ? Les années qui précédèrent de peu la Révolution Française nous avaient conviés au spectacle d’un pays où le risque systémique s’était généralisé, conséquence d’une incohérence des institutions telle qu’un point de rupture avait été atteint. La richesse foncière s’était à ce point concentrée entre les mains de l’aristocratie que la machine économique grippait. Deux cents vingt-ans plus tard, une aristocratie dont le pouvoir est fondé cette fois sur l’argent est la cause d’une panne similaire.
Faisant preuve d’un esprit caustique que le lecteur ne manquera pas d’apprécier, Alain Gauvin brandit la lanterne de la clarté juridique pour éclairer le spectacle de l’incohérence du monde financier : prétendument réglé au niveau des nations par une infinité de mesurettes tatillonnes mais dénuées de principes, alors qu’il est mondial, zélateur de la concurrence parfaite alors que celle-ci est hors d’atteinte, adorateur de la transparence alors que seul le délit d’initié assure un authentique profit, censé être rationnel enfin, mais ravagé en réalité par le conflit d’intérêts.
L’image de l’État sort-elle pour autant grandie de notre périple au musée des horreurs ? Nullement hélas : le législateur est misérablement à la traîne, incapable qu’il est d’offrir une définition à des notions pourtant claires aux yeux de tout un chacun, comme la propriété privée, la monnaie ou la spéculation. Pire : les gouvernants dénoncent certaines pratiques comme la spéculation, pour en faire ensuite l’ordinaire du fonctionnement de l’État, ou bien autorisent – comme vous aurez l’occasion de le lire – la création de produits assurantiels, conçus pour propager… le risque systémique !
L’aboutissement de tant de cynisme, nous le connaissons : un monde qui ferait frémir d’Acosta de retour du Mexique.
Que pourrions-nous espérer à la place ? D’abord, une remise à plat, bien entendu, où les définitions seraient rédigées par ceux qui comprennent ce dont ils parlent, plutôt que, comme aujourd’hui, par les mercenaires d’une énorme machine de propagande.
Ensuite, un audit exhaustif du monde financier, qui en capture la nature au niveau où il fonctionne, c’est-à-dire « mondial », plutôt qu’au niveau national où il est insaisissable et où, nous le savons d’avance, la conclusion de toute réflexion est immanquablement la même : « Il faudrait en effet prendre telle et telle mesure. Mais si nous les prenons et comme il y a de l’argent à faire, nos voisins eux s’en abstiendront soigneusement. Aussi, oublions toute l’affaire ! ».
Enfin, une grande remise en ordre, comme un nettoyage de printemps, fondée sur de véritables principes directeurs, dans l’esprit d’une authentique « Constitution pour l’économie » qui nous fait aujourd’hui si cruellement défaut.
RFI : la direction abandonne les auditeurs !
POURQUOI LE GOUVERNEMENT FILLON ACCEPTE-T-IL UN PLAN SOCIAL OU L’ETAT EST ACTIONNAIRE A 100 % ?
Radio France Internationale donne en français et en d’autres langues des informations à l’attention des auditeurs du monde entier. Ces auditeurs sont des personnes qui aiment la culture française et l’histoire à vocation universelle de la France. Même si dans notre pays la situation a beaucoup changé, la France est toujours regardée dans le monde et principalement dans les pays dits du Sud comme le phare alimenté par la philosophie des Lumières, celle qui a permis la Révolution française et l’indépendance de tous les pays d’Amérique. Egalement, le mode de vie français fait encore envie. Or, le gouvernement se soucie comme d’une guigne du rayonnement de la France à l’étranger. Il ne pense qu’à rogner sur les budgets. Il ferme les représentations culturelles à l’étranger, limite la voix de la France à l’étranger. L’autre souci du gouvernement étant l’immigration, il limite les visas pour les étudiants étrangers et prie les diplômés de s’en retourner chez eux. Le résultat, c’est que les peuples francophones et francophiles n’auront d’autre choix que d’écouter la BBC ainsi que la Voix de l’Amérique qui leur vante les bienfaits de l’ultralibéralisme. Les Etats-Unis accueillent à bras ouverts tous les étudiants étrangers, certains que ceux-ci, de retour dans leurs pays feront affaire avec les entreprises étatsuniennes.
RFI est en grève depuis plusieurs années à présent. Plus de 60 salariés ont déjà été licenciés dans l’indifférence (alors que deux humoristes en fin de contrat ont mobilisé une partie de l’opinion publique). Le gouvernement veut imposer une fusion de la chaine de Tv France 24 qui peine à trouver son audience et la prestigieuse RFI, considérée comme une référence. Dernier épisode, pour économiser encore, le gouvernement décide de limiter sa diffusion en ondes courtes. Or, dans beaucoup de pays, seules les OC ainsi que la FM sont audibles sur les postes de radio. L’enjeu est beaucoup plus important qu’il n’y parait car, en faisant taire Radio France Internationale, on abandonne des centaines de millions d’auditeurs aux stations en anglais et à la pensée unique libéraliste.
http://rfiriposte.wordpress.com/2011/12/16/rfi-la-direction-abandonne-les-auditeurs/
décembre 16, 2011 par RFI Riposte
Un CE d’anthologie en matière de mauvaise foi et de cynisme ! On a demandé, ce vendredi 13 décembre 2011, aux élus du Comité d’Entreprise de valider un nouveau contrat avec TDF qui entrera en vigueur le 1er janvier 2012. Il porte sur la suppression de 32 heures de diffusion en ondes courtes. Pourquoi consulter les élus, alors que d’évidence tout est déjà plié : l’ancien contrat a été dénoncé sans consultation des instances au printemps 2011, selon le rapport de l’Inspection Générale des Finances, puis renégocié par la direction de RFI, et les dispositions techniques pour sa mise en œuvre ont été déjà programmées.
32 heures, c’est plus du tiers de la diffusion en ondes courtes pour RFI. Or les ondes courtes ont toujours été pour RFI, le cœur du réacteur, le coeur de son activité radiophonique.
La direction de RFI va réduire de manière drastique la diffusion en ondes courtes vers des zones stratégiques. Par exemple, en français vers la RDC ou en portugais vers l’Afrique, en anglais également vers l’Afrique, ou encore en espagnol vers l’Amérique centrale et Cuba.
Pour l’Angola ou Cuba, c’est d’autant plus irresponsable de la part de la direction de RFI qu’il n’y a pas de diffusion FM pour prendre le relais.
La direction a-t-elle négocié avec Raul Castro, à Cuba, ou Eduardo Dos Santos, en Angola, un accord de partenariat ?
Les syndicats de RFI dénoncent le cynisme des dirigeants de RFI qui sacrifient sur l’autel de l’économie d’un million et demi d’euros l’existence même de notre radio sans parler de la pérennité de certains services de langues. Quel peut être l‘avenir du service en portugais vers l’Afrique, quand on ampute toute sa diffusion en ondes courtes ? Même interrogation pour le service en anglais.
Pour la direction de RFI, les ondes courtes ne sont pas modernes mais quels moyens va-t-elle mettre en œuvre pour continuer à atteindre nos auditeurs notamment ceux des zones rurales ? La direction pense-t-elle sérieusement que la téléphonie mobile ou encore internet peuvent être actuellement une alternative crédible à l’onde courte compte tenu des spécificités de notre auditoire ? Tous ces modes de diffusion fragilisent notre indépendance éditoriale car ils dépendent du bon vouloir des pouvoirs en place qui bâillonnent les émetteurs FM, internet ou mobiles quand l’information diffusée par RFI leur déplaît.
Parmi les suppressions décidées, figure aussi le bulletin de la Météo Marine. C’est pourtant une mission de service public pour RFI. Mais à partir du 31 décembre 2011, RFI ne diffusera plus ce bulletin quotidien tant attendu par les navigateurs. Ils sont d’ailleurs nombreux à protester, comme en témoigne la lettre* adressée par l’un d’entre eux à la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet …
Au moment où les puissances émergentes comme la Chine et le Brésil investissent dans la diffusion en ondes courtes et dans les langues vernaculaires, notamment en Afrique, les dirigeants de RFI font le choix d’abandonner le terrain à la concurrence et de restreindre la présence de RFI et donc de la France dans le monde.
Ce nouvel épisode dans ce mauvais feuilleton que l’on vit depuis trois ans, est la preuve pour ceux qui en doutaient encore de la volonté des dirigeants de RFI de mettre à mort la diffusion radio.
Comment survivre avec moins que rien ?
Coupures ou réductions de rSa
http://www.atd-quartmonde.fr/?Comment-survivre-avec-moins-que
15 décembre 2011 - Evaluation du rSa
« Trois fois rien, c’est pas beaucoup. Mais c’est déjà mieux que deux fois rien ! » Jamila a de l’humour quand elle évoque la réduction puis la coupure de rSa qui l’a contrainte pendant des mois à vivre du soutien de ses amis et des associations. Une dénonciation d’un voisin mal-intentionné, une boîte-aux-lettres fracturée, du courrier qui se perd, les ingrédients sont réunis pour l’injustice du siècle : Jamila sera privée pendant 6 longs mois de ce qu’on appelait il y a encore deux ans, le revenu MINIMUM d’insertion (RMI), devenu en 2008 revenu de Solidarité active (rSa), sans pour autant être revalorisé.
Pédagogique, vraiment ?
Lors d’une étude récente (voir ci-dessous), ATD Quart Monde a pu constater la réalité de ces coupures ou réductions dites « pédagogiques », confirmant les chiffres lus dans le rapport de M. Daubresse sur l’amélioration du rSa, d’Août 2011.
Les raisons sont nombreuses : absence à une convocation, changement d’adresse, ne pas avoir entrepris les démarches demandées… Des motifs parfois réels, mais précariser un peu plus les allocataires peut-il avoir une vertu pédagogique ? Qu’apprend-on, mise à part la survie, quand on se retrouve à vivre avec 300 euros au lieu de 400 pendant plusieurs mois ? La vie se complique encore, les factures s’accumulent, coupure d’électricité, de gaz, d’eau, dettes de loyer inextricables… Réduisant encore les chances de s’en sortir.
La crise aidant, les personnes pauvres sont de plus en plus désignées comme boucs émissaires : fraudeurs, profiteurs, les mots ne sont pas assez durs pour les caractériser, omettant que la plus grande part de la fraude sociale n’émane pas des allocataires. On assiste aujourd’hui à un véritable racisme anti-pauvres, que la HALDE a reconnu dans son dernier rapport. Ces coupures de rSa sont-elles un symptôme du durcissement de cette situation ?
Doublement des coupures entre 2010 et 2011
Ainsi, entre janvier 2010 et mars 2011, les coupures décidées par les Conseils Généraux ont plus que doublé, passant de 2325 cas à 5289. Les chiffres publiés dans le rapport Daubresse ne reflètent que les suspensions totales de rSa, passant sous silence les chiffres correspondant aux réductions « pédagogiques ». Tout porte à craindre que ces réductions soient encore plus nombreuses.
Etude sur la participation des allocataires du rSa dans sa gouvernance
La participation des personnes concernées dans les instances où se définissent, se conduisent et s’évaluent les politiques d’insertion est une avancée souhaitée par ATD Quart Monde. Elle complète l’expertise des élus politiques, des professionnels, par exemple pour mieux comprendre la situation des allocataires. Elle a une place centrale dans la mise en œuvre du RSA. Mais pour ne pas être un simple alibi, la participation, nécessite des conditions.
Sur une suggestion d’ATD Quart Monde, le Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale a accepté que cet aspect du rSa soit aussi évalué et a confié cela à plusieurs organismes dont ATD Quart Monde.
Les allocataires, rencontrés par une équipe de chercheurs d’ATD Quart Monde, composée de professionnels et de militants, ayant l’expérience eux mêmes de la grande pauvreté, prennent très au sérieux cette participation. Ils ont conscience de leurs responsabilités et expriment leur désir de progresser face aux exigences de la participation dans les instances du RSA.
Hélas, cette étude démontre que trop souvent, la participation est restreinte aux lieux de décisions sur les sanctions. On leur demande de cautionner les décisions de réduction ou de suspension, mais on ne les consulte pas par exemple sur les réorientations (choix de faire dépendre l’allocataire du volet insertion sociale ou emploi).
L’étude conclut que la participation des allocataires du rSa à sa gouvernance devrait être plus collective, servir à orienter les politiques d’insertion et ne pas concerner les coupures.
"Avec du recul je ne l’aurais pas fait : juger quelqu’un au même niveau que moi, au RSA, donner mon opinion si on le radie ou pas… Le président dit que ce n’est pas un tribunal, mais moi je pense que c’est ça." propos d’un allocataire membre d’équipe pluridisciplinaire, auditionné pour l’étude.
CP Evaluation du rSa
Mis à jour le mercredi 14 décembre 2011
Catherine Uberti DÉSIGNÉE À LA VINDICTE... DE LA POPULACE CLERMONTOISE !
DÉSIGNÉE À LA VINDICTE... DE LA POPULACE CLERMONTOISE !
de : ANGEL
mardi 13 décembre 2011 - 17h19
Pour avoir fat valoir son droit de parole dans une émission radiophonique de MERMET, en indiquant le pataqués provoqué par les obséques de la belle- fille Michelin : messe rendue publique tonitruante et retentissante dans tout son quartier , Catherine Uberti tenant boutique , rue des gras à Clermont-Ferrand , à fait l’objet d’un article incendiaire à propos de ladite émission qui , selon un magazine à vocation publicitaire( INFOS MAGAZINE ) aurait dénigrée et choquée le lanterneau proche du seigneur économique du coin ! Dés lors ( depuis l’article ) la vie de C.Uberti est devenue un enfer : Menaces téléphoniques , et de de brûler de son magazin , crachats sur la vitrine et insulies à tout va ... Je propose de lui adresser vos messages de soutien : catherine Uberti , conteuse dcompagnie du chat noir chat noir, 1 rue des gras 63000 Clermont- Ferrand Tél : 14 73 90 53 14
catherine.uberti@gmail.com
Le grand quotidien "La montagne " n’en à ce jour pipé mot !
Wall Street est la chose la plus importante au monde
Naomi Klein: Wall Street est la chose la plus importante au monde
http://takethesquare.net/fr/2011/10/18/naomi-klein-wall-street-est-la-chose-la-plus-importante-au-monde/
J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant lesmanifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été(honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété pardes centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de «microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a doncété très court. Voici la version longue de ce discours [publiéeinitialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].
Je vous aime.
Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondenten criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages dece système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vousvoudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.
Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : « Nous noussommes trouvés. » Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se créeici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peutêtre contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un mondemeilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.
S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches]aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, quepersonne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéalpour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiquespro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettreen pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesurescontraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce quise passe partout dans le monde.
Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande choseheureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, deMadison à Madrid, en disant : « Non, nous ne paierons pas pour votrecrise. »
Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France,en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même oùla crise a commencé.
« Pourquoi protestent-ils ? » demandent à la télévision les expertsdéroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : « Pourquoiavez-vous mis autant de temps ? », « On se demandait quand vous alliezvous manifester ». Et la plupart disent : « Bienvenus ! »
Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre Occupy Wall Street etles manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attentionà Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial,
dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visantdirectement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoirparticipé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».
Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisipour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale ducommerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils nedurent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. Onapparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait.
Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivil’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement,au moins en Amérique du Nord.
Occupy Wall Street, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vousn’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage.C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser.
C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup tropde mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement.Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à longterme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sontemportés.
Être un mouvement horizontal et profondément démocratique estformidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur deconstruction de structures et d’institutions suffisamment robustes pourtraverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va sepasser ici.
Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à êtrenon-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images defenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent sidésespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté impliqueque c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police quel’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la
nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvementgrandit de plus en plus. Plus de sagesse.
Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions lecapitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage étaitbas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinéspar l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas defermetures d’entreprises.
Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût.Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciableaux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantesque les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties.
Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité,attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile àfaire admettre, au moins dans les pays riches.
Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Justeun tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant lesbiens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.
Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système estprofondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagél’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nosocéans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forageen eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie lesplus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Etl’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons,créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont lescatastrophes en série. Économiques et écologiques.
Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents,qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et deconstruire un mouvement rapidement.
Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers: nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, enréalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espaceatmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’ily avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, estabondant – les ressources financières pour construire la société dontnous avons besoin.
La tâche de notre époque est de renverser cette situation et decontester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nouspouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte,tout en respectant les limites réelles de la Terre.
Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant unedate butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire,diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devonsréussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter lestaxes pour les riches, même si c’est important.
Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notresociété. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication,compréhensible par les médias. Et il est difficile également dedéterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne lerend pas moins urgent.
C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dontvous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageantlibrement les informations et fournissant des soins de santé, des coursde méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que jepréfère ici, c’est : « Je me soucie de vous. » Dans une culture quiforme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire :
« Laissez-lesmourir », c’est une déclaration profondément radicale.
Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelqueschoses qui ne comptent pas :
- Comment nous nous habillons,
- Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,
- Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans unephrase-choc pour les médias.
Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :
- Notre courage,
- Notre sens moral,
- Comment nous nous traitons les uns les autres.
Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiquesles plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que cemouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore.Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner versdes cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté devous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui estplus facile à gagner.
Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous fairemutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns lesautres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dansles batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche quinous attend n’en demandera pas moins.
Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plusimportante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.
Naomi Klein, le 6 octobre 2011
Père Noël indigné
mercredi 14 décembre
Place de la Fontaine
(nouveau lieu pour les assemblées à Auxerre)
les Indignés se feront Père Noël !
Nous aurons au moins un Père Noël qui distribuera des "cadeaux empoisonnés" aux passants. Chaque Indigné présent est invité à créer ses propres "cadeaux empoisonnés" qu'il remettra à notre Père Noël pour qu'il les distribue.
Qu'est-ce qu'un "cadeau empoisonné" ?
Tout simplement un petit message papier, joliment empaqueté du genre :
"Le gouvernement vous offre : la retraite à 67 ans. Joyeux Noël !? Indignez vous !" "Le libéralisme vous offre une éducation pour vos enfants... sans enseignants !"
Ce genre de cadeau que nos dirigeants nous font toute l'année et que l'on accepte sans broncher le plus souvent. Ce genre de cadeau qui devrait nous indigner et nous révolter. Nos cadeaux seront donc autant de piqûres de rappels, peut-être nécessaires, en ces périodes de préparatifs festifs.
C'est un exemple. On peut en trouver des dizaines comme ça. A votre imagination et votre sens de la création et de la provocation.
Ceci devrait permettre d'engager la discussion avec les gens présents.
Donc, amis auxerrois venez nombreux mercredi prochain à l'assemblée de plein air, qui risque certainement d'être très fraîche, mais ô combien piquante !
Appel pour Durban
En marge du sommet de Durban, La Via Campesina lance un appel

Les paysans, les paysannes et les peuples indigènes disposent de milliers de solutions pour faire face au réchauffement climatique ! La Via Campesina appelle les mouvements sociaux et l’ensemble de la population à se mobiliser partout dans le monde
Le mouvement international paysan La Via Campesina et son organisation-membre sudafricaine Landless Peoples Movement (Mouvement des Paysans Sans-terre) se mobilisent pour la 17ème Conférence des Parties (COP 17) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC) qui se tiendra à Durban en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011.
Des caravanes de paysans et paysannes africain(e)s, partiront du Mozambique, de la Tanzanie, du Zimbabwe et d’autres pays pour converger à Durban pour rejoindre d’autres agriculteurs et représentants de mouvements sociaux afin de réclamer la justice climatique.
Les femmes paysannes africaines membres de La Via Campesina, participeront à la 2ème Assemblée sud-africaine des femmes rurales, du 30 novembre au 2 décembre, à Durban (organisée conjointement notamment par La Via Campesina – Région Afrique 1, TCOE, Women on Farms Project, Lamosa, ESAFF, UNAC, Namibian National Farmers Union etc.).
La Via Campesina participera également à la Journée Mondiale d’Action qui aura lieu le 3 décembre, au cours de laquelle, en collaboration avec des centaines d’autres activistes, elle manifestera pour la justice climatique.
La Via Campesina ainsi que d’autres mouvements paysans et de producteurs en Afrique invitent également toutes organisations, alliés et activistes à participer à une Journée spéciale pour l’Agroécologie et la Souveraineté Alimentaire, le 5 décembre à Durban et à travers le monde (co-organisée par ESAFF régional, ESAFF Uganda, ESAFF Zimbabwe, ROPPA, TCOE, Surplus People Project, etc.)
Les négociations sur le climat ont été détournées de leur objectif pour devenir de simples négociations mercantiles
Lors de la conférence COP 16 à Cancun (Mexique), la majorité des gouvernements du monde - à l’exception notable de la Bolivie – se sont assis autour de la table non pas pour trouver une réponse efficace au changement climatique, mais plutôt pour parler gros sous avec les grandes sociétés multinationales qui font trafic de fausses solutions au changement climatique, proposant des fausses mesures comme le programme REDD et autres marchés du carbone, ou encore le développement d’agrocarburants et d’OGM. Ils ont transformé les négociations sur le climat en une immense place de marché où seuls le profit et la spéculation comptent.
De concert, nos différents gouvernements ont fait comme si de rien n’était, fermant les yeux sur l’urgence d’une situation qui condamne l’Afrique et l’Asie du Sud à être littéralement incinérées par l’augmentation des températures. Et, bien sûr, les premières victimes de ces changements climatiques seront les paysannes et les paysans de ces deux continents, puisque l’augmentation des températures crée un environnement encore plus défavorable aux récoltes, au bétail et à la survie des êtres humains. La majorité des gouvernements a choisi d’ignorer les Principes de Cochabamba qui posent pourtant un cadre clair pour élaborer des réponses au changement climatique et protéger notre Terre Mère.
Dans le système climatique actuel, les pays développés et les grandes entreprises polluantes, pourtant historiquement responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre, se voient accorder toutes les dérogations et trucages de chiffres possibles afin de leur éviter d’avoir à réduire leurs émissions. Ainsi, le système des marchés d’émission-carbone et les mécanismes de compensation permettent aux pays industrialisés et aux entreprises de continuer à consommer des ressources et à polluer comme avant, tout en payant des petites sommes, sans commune mesure avec la réalité de leur impact sur le climat, dans le but d’aider les populations pauvres des pays en développement à réduire leurs émissions. En réalité ces entreprises font deux fois du profit : d’une part en continuant à polluer et d’autre part en vendant des fausses solutions aux États. Pendant ce temps là, des initiatives présentées comme étant une solution au problème climatique, comme le programme REDD, dépouillent les populations pauvres de la plupart de leurs différents droits en matière d’usage des ressources naturelles : ils ne peuvent plus accéder aux forêts communautaires. Au même moment, des grands groupes financiers apparaissent sur le marché foncier et y accaparent d’immenses territoires fertiles, dont ils expulsent les agriculteurs afin d’y pratiquer la monoculture ou pour spéculer sur les marchés des crédits d’émission carbone.
Nous connaissons les principales sources d’émissions qui altèrent le climat : elles sont générées par les multinationales agroalimentaires qui imposent une agriculture industrielle essentiellement tournée vers l’exportation et la production d’agrocarburants. Mais elles sont aussi le fruit d’un système de transports uniquement basé sur la voiture individuelle, au détriment des transports en communs. Enfin, elles sont causées par les activités industrielles polluantes et prédatrices de ressources pratiquées par les différentes entreprises multinationales. Si nous ne parvenons pas à imposer des engagements réels et contraignants qui forceront les pays développés à changer ce système, alors nous échouerons à prévenir l’incinération effective de nos terres agricoles et la destruction de notre capacité à nourrir le monde.
Les chiffres sont unanimes ; ce sont nous, les paysans et paysannes travaillant sur de petites exploitations qui produisons aujourd’hui la vaste majorité des aliments consommés sur la planète. Or aujourd’hui, nous, et la nourriture que nous produisons, sommes mis en danger par les changements climatiques et l’augmentation des températures. Les dates de semis deviennent imprévisibles tandis que les sécheresses, les ouragans et les moussons deviennent plus intenses.
A l’inverse – et encore une fois les chiffres sont unanimes – c’est nous qui détenons les clés des solutions les plus importantes, efficaces et scientifiquement prouvées face au changement climatique, à travers nos systèmes de production locale d’aliments selon des méthodes agroécologiques, produits par des paysannes et des paysans, selon les principes de la souveraineté alimentaire.
A lui seul, le système de transport d’aliments sur de longues distances, qui est à la base du système alimentaire mondial capitaliste, est responsable d’au moins 44% des émissions totales de gaz à effet de serre. Ces aliments pourraient facilement être cultivés localement. Mais l’agriculture détruit également le climat par l’usage excessif de ressources fossiles comme le pétrole et les intrants chimiques dérivés du pétrole. Le modèle de production est basé sur la monoculture et les pratiques industrielles, il engendre la déforestation et la destruction des écosystèmes en vue de la réalisation de plantations industrielles aboutissant à des “déserts verts”.
Nous pouvons réduire drastiquement voire même éliminer ces émissions en transformant le système alimentaire sur la base de la souveraineté alimentaire, c’est à dire en produisant localement pour une consommation de proximité une production durable variée basée sur les familles et les communautés paysannes.
L’agroécologie n’est pas à vendre !
Nous rejetons toutes les tentatives pour étendre le marché des émissions carbone et des mécanismes de compensation de type REDD aux systèmes de puits de carbone, même quand ces initiatives sont déguisées par la Banque Mondiale sous la forme de mesures de soutien aux petites exploitations agroécologiques ou bien à une “Agriculture respectueuse du climat”. Les raisons de ce refus sont les suivantes :
Tout comme c’est le cas du REDD pour les forêts, le carbone de nos sols deviendra majoritairement la propriété d’entreprises polluantes du Nord. On nous demande tout simplement de vendre et de privatiser notre carbone. Le marché volontaire des puits de carbone ne sera rien d’autre qu’un nouvel espace pour la spéculation financière, ce qui veut dire que tant que les agriculteurs ne toucheront que quelques centimes, les spéculateurs amasseront des profits substantiels.
Il s’agit simplement d’une nouvelle façon pour les pays et industries polluants de se soustraire à leurs véritables obligations en matière de réductions réelles d’émissions.
C’est également un moyen pour déplacer l’attention portée aux émissions massives de carbone produites par l’agriculture industrielle et l’agrobusiness, surtout dans les pays du Nord, afin de transférer le fardeau de la réduction des émissions sur les épaules des paysans du Sud, alors que rien n’est fait pour réduire les émissions causées par l’agriculture industrielle. Si nous paysannes et paysans, signons un accord sur les puits de carbone, nous allons perdre notre autonomie et le contrôle sur nos systèmes agricoles. Ce seront des bureaucrates de l’autre côté de la terre, des gens qui ne connaissent rien à nos sols, à nos pluies, à nos pentes, à nos systèmes alimentaires locaux, à notre économie familiale, etc., qui décideront des méthodes agricoles que nous devrons utiliser ou ne pas utiliser.
L’agroécologie procure une somme de bienfaits pour l’environnement et les moyens d’existence des paysans. Par contre, en réduisant la contribution des pratiques agroécologiques à la seule valeur du carbone séquestré, non seulement on dévalue les autres bénéfices de ces pratiques, mais on peut également créer des incitations perverses à altérer ces pratiques (et ouvrir la porte aux technologies telles que les OGM) dans l’unique but de maximiser le carbone plutôt que de valoriser les autres apports de l’agroécologie.
Cette initiative est inséparable de la tendance néolibérale à vouloir convertir absolument tout (la terre, l’air, la biodiversité, la culture, les gènes, le carbone, etc.) en capital, lui attribuant une valeur monétaire qui permet ensuite de négocier ces éléments sur un marché spéculatif quelconque. Si la valeur actuelle - relativement faible - du carbone séquestré devait augmenter sur le marché spéculatif, cela pourrait générer une nouvelle course à l’accaparement des terre afin de s’emparer des crédits pour les puits de carbone, étant donné que la concentration des terres est un prérequis si l’on veut rendre rentables les crédits liés au puits de carbone.
Comment l’Agroécologie devrait être soutenue par les politiques publiques
Soutenir les programmes de formation de paysan-à-paysan gérés par les organisations paysannes
Soutenir les écoles de formation en agroécologie gérés par les organisations paysannes
Mettre fin à toutes les subventions directes et indirectes à l’agriculture industrielle
Bannir les OGM et tous les produits chimiques agricoles dangereux
Fournir des crédits à la production aux agriculteurs qui produisent de manière agroécologique
Réorienter les appels d’offres publics pour la fourniture d’aliments aux hôpitaux, écoles, etc., vers l’achat à un prix équitable d’aliments écologiques produits par des petits producteurs
Soutenir les marchés de producteurs écologiques pour la vente directe aux consommateurs
Transformer les cursus de formation agricoles afin de les concentrer sur l’agroécologie et la méthodologie du transfert de connaissances de paysan-à-paysan
Créer des incitations en vue d’établir un prix de vente équitable pour les aliments locaux produits de manière écologique Etc.
Engagements de La Via Campesina
Alors que nous ne cessons d’exiger de nos gouvernements qu’ils prennent la question du changement climatique à bras-le-corps, nous nous engageons à bâtir l’agroécologie et la Souveraineté Alimentaire depuis la base. Nous nous engageons en faveur des mesures concrètes suivantes :
Nous allons continuer à renforcer le mouvement pour l’agroécologie à la base afin de nous adapter aux changements climatiques en cours. Nous nous efforcerons de “garder le carbone dans le sol et dans les arbres” dans les territoires sous notre contrôle, en promouvant les pratiques agroforestières, la plantation d’arbres, la conservation de l’énergie, mais aussi en luttant contre l’accaparement des terres par les entreprises minières et les plantations industrielles.
Nous allons continuer à faire pression sur les gouvernements à tous les niveaux afin qu’ils adoptent la souveraineté alimentaire comme étant la solution au changement climatique.
Nous allons poursuivre la lutte contre l’inclusion de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie dans les mécanismes des marchés du carbone.
Nous allons poursuivre notre lutte pour la réforme agraire afin que la terre soit redistribuée aux paysannes et aux paysans qui pratiquent une agriculture durable et contre toute usurpation de terres.
Nous allons construire un puissant mouvement qui fera entendre la voix des paysans et des paysannes et nous seront présents avec d’autres secteurs de la société civile à la conférence climatique COP-17 de Durban ainsi qu’à la Conférence de Rio +20 au Brésil. Nous y porterons le message comme quoi nous nous opposons aux fausses solutions proposées pour soi-disant lutter contre le changement climatique et nous exigerons l’adoption des Principes de Cochabamba. Nous mettrons en avant les bénéfices de l’agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire en tant que principales et réelles solutions pour lutter contre le changement climatique.
Non à l’accaparement des terres au nom du climat !
Notre carbone n’est pas à vendre !
L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !
Les méthodes de production agroécologiques des petits paysans refroidissent la planète !
Globalisons la lutte ! Globalisons l’Espoir !
Message urgent de la place Tahrir
mercredi 23 novembre 2011 - 20h49
Une bataille décisive se déroule actuellement face à une offensive répressive potentiellement fatale. Ces trois derniers jours, l’armée a lancé une attaque sans relâche contre les révolutionnaires de la place Tahrir et des autres places égyptiennes. Plus de 2000 d’entre nous ont été blessé-e-s, plus de 30 d’entre nous assassiné-e-s ; tout cela seulement au Caire, et uniquement dans les 48 dernières heures.
Mais les révolutionnaires continuent d’affluer. Des centaines de milliers se trouvent sur la place Tahrir et dans les autres places du pays entier. Nous affrontons leurs gaz, leurs matraques, leurs fusils et leurs mitrailleuses. L’armée et la police attaquent toujours et encore, mais nous continuons à tenir et à les repousser. Les mort-e-s et les blessé-e-s sont évacué-e-s à pied ou à moto, et d’autres prennent leur place.
La violence ne fait faire qu’augmenter, car NOUS NE BOUGERONS PAS. Les généraux ne veulent pas abandonner leur pouvoir. Nous voulons qu’ils partent.
C’est le futur de la révolution qui se joue : celles et ceux qui sont sur les places sont prêt-e-s à mourir pour la liberté et la justice sociale. Les bouchers qui nous attaquent sont prêts à nous tuer pour rester au pouvoir.
Ce qui se passe n’a aucun rapport avec les élections ou une éventuelle constitution, puisque rien de tout ça ne ferait cesser la violence et autoritarisme qui nous entourent. Ce qui se passe n’a pas non plus à voir avec une soi-disant « transition » vers une démocratie qui a vu le renforcement d’une junte militaire et la trahison de la révolution par les forces politiques. Il s’agit ici d’une révolution, d’une révolution totale. Le peuple veut la chute du régime, et ne s’arrêtera pas avant d’avoir trouvé sa liberté.
Les gouvernements étrangers parlent de « droits humains » tandis qu’ils négocient avec les généraux, échangeant des poignées de mains et les légitimant avec des discours creux. Les États-Unis fournissent toujours 1,2 milliards de dollars d’aide militaire à l’armée égyptienne. L’armée et la police utilisent du gaz lacrymogène, des balles et des armes venant de l’extérieur. Leurs réserves ont probablement été reconstituées par les Etats-Unis et par d’autres gouvernements durant les neuf derniers mois. Elle vont s’épuiser à nouveau.
Nous vous demandons d’agir :
Occupez ou bloquez les ambassades égyptiennes du monde entier. Elles représentent actuellement les militaires : faisons-les représenter le peuple égyptien. Bloquez les vendeurs d’armes. Ne les laissez pas en fabriquer et en vendre. Bloquez votre institution gouvernementale traitant avec les généraux égyptiens.
La révolution continue parce qu’elle est notre seule possibilité.
Place Tahrir, le 22 novembre à 14h
http://murmures.noblogs.org/post/20...
infos ici :
http://www.scoop.it/t/egypte-actual...


