Pour une économie sociale et solidaire de transformation
Appel du Front de Gauche pour une Économie sociale et solidaire de transformation !
Le refus du capitalisme et du productivisme est à l'ordre du jour : nombreux sont ceux et celles, en recherche de solutions alternatives à finalité humaine et sociale, qui veulent maîtriser leurs propres affaires.
La résistance des travailleurs et des citoyens remet sur le devant de la scène l'aspiration à une alternative au système économique basé sur les seuls profits financiers. Les Fralib, qui fabriquent le Thé Eléphant, luttent pour refuser la délocalisation de leur entreprise et pour la transformer en coopérative. Les imprimeurs d'Helio Corbeil, les salariés de Ceralep et les métallos des Aciéries de Ploermel ont déjà réussi cette mutation.
Les mouvements d'éducation populaire et les associations citoyennes sont entrés en résistance contre les mesures liberticides et mortifères pour la vie démocratique du gouvernement Sarkozy-Fillon, lequel s'acharne à vouloir faire passer les associations sous les fourches caudines de la marchandisation et de la concurrence.
Le Front de Gauche met tout en œuvre pour soutenir la mobilisation des acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS), associations, mutuelles, coopératives, comités d’entreprises. Le développement de l'ESS n’est pas une affaire marginale. Il est essentiel dans la construction d’un nouveau système économique. Les principes de non lucrativité, de démocratie, de solidarité et d'égalité sont au cœur du projet de transformation sociale et écologique. C’est pourquoi l’ESS devra figurer dans les programmes d’histoire et d’économie des collèges et lycées comme dans les universités.
Nous entendons également agir aux plans européen et international. Cela exigera :
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De s'affranchir du Traité de Lisbonne et exclura d’entrer dans le Mécanisme Européen de Stabilité qui interdit toute possibilité autre que le libéralisme
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De contraindre au respect des orientations du BIT qui devront primer sur les orientations de l’OMC.
Prendre en compte le défi écologique
Chacun a conscience aujourd'hui que la catastrophe écologique remet potentiellement en cause les conditions même de la vie humaine sur Terre. Elle est en majeure partie le résultat des logiques capitalistes et productivistes du profit maximal et de court terme.
Nous proposons la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production et de consommation. Elle permettra de préciser les orientations et les investissements publics nécessaires pour enclencher une transition écologique et promouvoir un développement humain durable et solidaire créateur d’emplois et facteur d’égalité sociale.
Il s'agit d'une ambition nationale, voire européenne, de relocalisation, de reconversion écologique et sociale de l'économie et de priorité aux circuits courts et à l’économie circulaire dans une démarche d'intérêt général.
Cette ambition exigera un considérable effort de recherche. Par exemple :
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Assumer la maîtrise publique, sociale et démocratique du secteur de l’énergie, seule garante de la transparence, de l’indépendance, de l’expertise et de la qualité des installations et des exploitations. À cet effet, nous créerons un pôle public de l’énergie (EDF, GDF, Areva et Total renationalisés). Citoyens et salariés seront associés à sa gestion et à son contrôle.
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Agir pour la création d’un tel pôle public au plan européen.
Les acteurs sociaux auront toute leur place pour développer leurs activités : aux pouvoirs publics la maîtrise absolue de la distribution, et nous favoriserons, pour la production d'énergie, le développement de structures coopératives locales, au plus près des territoires.
La transition écologique implique une planification tenant compte des enjeux industriels et sociaux. Elle s’appuiera sur un plan et un budget pluriannuel débattus et votés au Parlement. L’implication citoyenne devra faire du débat préalable un exercice exemplaire de décision et de mise en œuvre, dans les territoires comme dans les entreprises.
Chacun comprendra ici en quoi les acteurs de l'ESS peuvent y jouer un rôle central.
Créer un pôle public financier
Nous proposons la création d’un pôle financier public par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse des dépôts, Crédit foncier, OSEO, CNP, Banque postale), des banques et assurances mutualistes dans le respect de leurs statuts et de banques et compagnies d’assurances qui seront nationalisées. Ce réseau sera chargé d’une mission de service public du crédit et de l’épargne, au service de l’emploi, de la formation, de l’activité économique réelle, notamment des PME-PMI et de la préservation de l’environnement.
Dans ce pôle financier public et social, les banques coopératives auront toutes leur place, et la voix des sociétaires et des salariés, personnes physiques ou morales, devra se faire entendre pour intervenir sur les décisions stratégiques. Il s’agit bien de permettre une appropriation citoyenne du crédit et de l’épargne. Le succès d’un tel dispositif financier dépend en grande partie de cette appropriation. Les banques coopératives pour y jouer leur rôle, devront revivifier leurs pratiques de l’économie sociale.
Soutenir les formes de propriété coopérative
Notre programme prévoit l’extension de la propriété publique par le développement des services publics. Il promeut de nouvelles appropriations sociales par la nationalisation de grands leviers de l’action économique, industrielle et financière. Il propose des formes décentralisées de la propriété sociale. Il veut aussi systématiser le recours à l’économie sociale et solidaire (ESS).
Le soutien public à l’économie sociale et solidaire, et notamment aux coopératives, sera fortement augmenté. La propriété sociale des entreprises doit se développer, notamment par la mise en œuvre du droit de préemption des salariés sur les entreprises cédées pour les transformer en coopératives. La transformation en SCOP ou SCIC de 10% des 60000 entreprises vendues chaque année multiplierait par 30 leur nombre actuel, faisant tendre le poids de l’ESS vers 20% du PIB. Le financement pourra se faire par soutien de l’Etat, avec un fonds géré par la CDC et constitué pour une part d’épargne salariale. Une aide financière sera accordée aux salariés qui reprennent ou créent leurs entreprises sous forme coopérative. Pour créer de nouveaux droits des salariés dans les entreprises, on pourra s’appuyer sur l’expérience acquise par les SCOP en ce domaine.
Nous favoriserons en particulier la création de sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) permettant d’associer salariés, usagers et collectivités territoriales dans des projets de développement local. Les commandes de l’Etat, des collectivités et des services publics, s’adresseront prioritairement à ces coopératives grâce à une modification du Code des marchés publics.
Enfin un soutien sera apporté aux initiatives d’habitat autogéré et coopératif, dans le cadre des programmes de création de logements sociaux, en neuf et en réhabilitation.
Redonner des moyens aux mouvements d'éducation populaire et aux associations citoyennes
Le mouvement associatif représente 80% des emplois dans le secteur de l'ESS. Plus de 14 millions de bénévoles s'y investissent.
Conscient du rôle fondamental émancipateur des associations dans la vie démocratique, un gouvernement de gauche devra redéployer des subventions de fonctionnement et privilégier la co-construction des politiques publiques en réhabilitant le principe de signature de conventions de partenariats entre les pouvoirs publics et les citoyens organisés en associations. Il s'agira de sortir le secteur associatif de la logique de la prestation de service et de la concurrence « libre et non faussée »...
Une nouvelle alliance entre les acteurs associatifs et les pouvoirs publics est nécessaire. Elle devra se décliner à toutes les échelles de territoires.
Nous entendons également apporter un soutien national à l’innovation socio- économique en finançant la recherche et le développement dans l’économie sociale et solidaire.
Les structures de l’économie sociale et solidaire les plus innovantes sont pour beaucoup de petite taille et opèrent au niveau local. C’est pourquoi, il est important que le niveau national stimule par des financements la recherche et l’échange d’expériences.
A bas la RGPP!
Enfin, nous remettrons en cause les « réformes » des politiques publiques et des collectivités territoriales. Nous soutiendrons l’initiative associative sur les territoires dans le cadre de conventions de subventionnement. En cas d'initiative publique, nous privilégierons la technique de l’appel à projets qui permet de garantir une marge d’autonomie dans la réponse des porteurs de projet afin d'éviter le recours systématique aux marchés publics ou aux délégations de services publics.
Pour une loi-cadre en faveur de l'ESS et des mesures immédiates
Une loi-cadre de l’ESS sera nécessaire afin de définir précisément les critères d’attribution des moyens de l’Etat et des collectivités publiques : les finalités sociales et environnementales des entreprises et associations bénéficiaires ne pourront être dissociées d’un fonctionnement réellement démocratique. Inscrivant dans la durée une véritable citoyenneté économique, elle permettra de valider le statut de l'entreprise de l'ESS, qui précisera les droits et devoirs de celles-ci et de leurs acteurs.
A l'échelle de l'Europe
D’emblée nous refuserons le carcan de Lisbonne et le pacte dit « euro+ ».Nous nous opposerons aussi avec le Parlement français à toute directive contradictoire avec nos engagements, notamment en matière de dérégulation des services publics.
Nous souhaitons poursuivre le travail entamé par la Gauche européenne sur les services sociaux d’intérêt général SSIG, tout particulièrement par le groupe GUE au Parlement européen, pour que soit desserré l’étau de la concurrence pour les mutuelles, coopératives et associations. Le statut de coopérative européenne calqué sur celui des sociétés anonymes devra être revu. Il faudra obtenir la reconnaissance du statut de mutuelle européenne, et d’association européenne, avec, en corollaire, la reconnaissance de la subvention comme mode de financement.
Si du fait du Mécanisme européen de stabilité, la France perd sa souveraineté budgétaire, la bataille contre le dogme de la concurrence sera encore plus rude, c’est l’une des raisons pour lesquelles les élus du FDG ont voté contre ce MES.
Attention au respect des statuts!
En conclusion, nous ne favoriserons pas des structures qui ne respecteraient pas à la lettre le droit du travail, qui sous couvert d'insertion par l'emploi, occuperaient des niches porteuses et lucratives, et se comporteraient en entreprises capitalistes. Nous ne sommes pas dans une logique caritative, mais solidaire : nous avons donc en tête chaque jour que chaque salarié est un citoyen. Nous saluons les propositions courageuses du Comité national de liaison des régies de quartier dont la clé de voûte est la citoyenneté active.
Les relations pouvoirs publics/acteurs de l'économie sociale et solidaire doivent faire l'objet d'une convention claire et exigeante. En ce sens, nous nous porterons garants de l'autonomie des organes de décision des acteurs de l'ESS. En contrepartie, nous attendons des associations, des coopératives, des mutuelles et des banques coopératives des pratiques exemplaires en matière de démocratie interne et de respect du droit du travail et de leurs finalités sociales et environnementales.
Le Front de Gauche de l'ESS poursuivra sa démarche pour une économie sociale et solidaire de transformation sociale et écologique après les échéances électorales de 2012.
Contact: frontdegauche.ess@gmail.com
Jean-Luc MÉLENCHON : l'humain d'abord !

Langage politique
Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges,
respectables les meurtres et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que du vent.
George Orwell
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2012/04/01/23902471.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hommage_%C3%A0_la_Catalogne
http://motsaiques.blogspot.fr/2009/02/p-78-hommage-la-catalogne.html
http://poumista.wordpress.com/category/george-orwell/
Mélenchon à la Bastille
http://zeredac.com/2012/03/19/melenchon-a-la-bastille-un-parfum-de-front-populaire-en-photos/

L’ALBA S’ÉLARGIT ET MONTE EN PUISSANCE
Par Bernard Cassen,
secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac.
Texte diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur.
Le 3 avril 2012.
http://www.m-pep.org/spip.php?article2557
L’événement n’a été commenté dans aucun grand média, et on comprend pourquoi : au moment où l’Union européenne (UE) du traité de Lisbonne - celle de la « concurrence libre et non faussée » et de l’indépendance de la Banque centrale -, s’enfonce dans la discorde, la récession et, en Grèce, dans le chaos social, il aurait été mal venu de faire savoir qu’un autre type de construction interétatique régionale était possible… Cet événement, c’est le 11ème Sommet de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) qui s’est tenu à Caracas les 4 et 5 février 2012.
L’ALBA, créée en 2004 par Cuba et le Venezuela, devenue ALBA/TCP (Traité de commerce des peuples) à l’initiative du président bolivien Evo Morales, comprend actuellement 8 États : trois d’Amérique du Sud (la Bolivie, l’Équateur et le Venezuela), un d’Amérique centrale (le Nicaragua) et quatre de la Caraïbe (Cuba, Antigua-et-Barbuda, La Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, ces trois derniers de langue anglaise). Le Honduras qui en faisait partie, en a été retiré par le gouvernement issu du coup d’État de 2009 contre le président Manuel Zelaya.
Parmi les conclusions du Sommet de Caracas, la plus spectaculaire est sans doute la perspective d’adhésion de trois nouveaux membres : le micro-État caraïbe Sainte-Lucie (anglophone), le Surinam (néerlandophone) et Haïti, ce qui porterait le nombre total à 11. Techniquement, pour l’instant, Sainte-Lucie et le Surinam auront le statut d’invités spéciaux, et Haïti celui d’invité permanent, après avoir été observateur depuis 2007. Ces distinctions diplomatiques ne feront pas obstacle à leur participation pleine et entière aux programmes de l’Alliance. Dans l’immédiat, Haïti (représenté au Sommet par son président, Michel Martelly, a signé un ambitieux accord-cadre bilatéral de coopération avec le Venezuela.
L’ALBA-TCP est ainsi en train de se constituer en acteur régional significatif, susceptible d’accueillir une nouvelle vague de membres dans les années à venir. La création de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) en 2008 et celle de la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC) en décembre 2011 - excluant toutes deux les États-Unis et le Canada - témoignaient déjà de la volonté partagée des dirigeants de l’Hémisphère de tourner définitivement la page de deux siècles de tutelle impériale et de faire entendre leur voix propre dans un monde devenu multipolaire. Sur les 12 membres de l’UNASUR, 4 sont membres (ou invité spécial pour le Surinam) de l’ALBA-TCP. Sur les 32 membres de la CELAC, 11 sont déjà membres ou futurs membres (Haïti, Sainte-Lucie et Surinam) de l’Alliance. Dans les deux cas, il s’agit d’une minorité, mais d’une minorité de plus en plus cohérente et soudée.
Bien qu’il soit le premier bailleur de fonds, le Venezuela adopte un profil modeste au sein de l’ALBA. Toute attitude de « grande puissance » financière serait en effet en totale contradiction avec les principes mêmes de l’Alliance. Et Hugo Chavez est le premier à rappeler que Cuba (avec Fidel puis Raul Castro), la Bolivie d’Evo Morales et l’Équateur de Rafael Correa sont chacun porteur d’une expérience d’émancipation spécifique et ont apporté leur contribution originale à la construction de l’ALBA : le TCP pour Morales, le dispositif de monnaie commune virtuelle du SUCRE pour Correa, etc. Leurs paroles s’additionnent et n’ont pas besoin d’ « éléments de langage » concertés pour aller dans la même direction. Témoignage symbolique de l’égalité de statut entre « grands » et « petits » États : le prochain Sommet aura lieu en août prochain à La Dominique, petit État caraïbe de langue anglaise.
Les membres de l’ALBA-TCP se comportent comme un élément moteur au sein des ensembles plus diversifiés idéologiquement que sont l’UNASUR et la CELAC. Ils ont intérêt à y élargir leur influence collective sans pour autant faire bande à part et nuire à ces structures globales qu’ils ont par ailleurs activement contribué à mettre en place. L’unité latino-américaine est prioritaire pour eux, dans la mesure où elle constitue un bouclier contre les tentatives de déstabilisation par les États-Unis. Ces tentatives vont certainement se multiplier au Venezuela dans la perspective de l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, pour laquelle les sondages donnent actuellement Hugo Chavez gagnant haut la main. Ce qui doit sérieusement préoccuper Washington…
L’ALBA-TCP prend à la lettre la référence, dans son intitulé, à « notre Amérique », formule du héros de l’indépendance de Cuba, José Marti. D’où des prises de position sur des thèmes « américains » au sens large. Ainsi le Sommet de Caracas a approuvé une déclaration sur Porto-Rico, rappelant que « la cause de son indépendance est une affaire qui concerne toute la région de l’Amérique latine et de la Caraïbe et ses forums de consultation, en particulier la CELAC ». Une autre déclaration, qui reprend celle déjà faite par les membres du Mercosur, a « réaffirmé son plus ferme soutien à la légitime revendication de la République argentine à son droit à la souveraineté sur les Iles Malouines et Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, ainsi que sur les espaces maritimes qui les entourent ».
Ce soutien à Buenos Aires dans son conflit sur les Malouines avec le Royaume-Uni, ne pouvait que faciliter la signature, par le ministre des affaires étrangères argentin, Hector Timerman, présent au Sommet, d’un Acte d’engagement entre son pays et l’ALBA-TCP en tant que telle. Il prévoit des activités d’assistance technique, de formation et de transferts de technologie à décider conjointement.
Mais les deux déclarations les plus importantes du Sommet sont sans doute celle portant création d’un Conseil de défense et, surtout, celle sur la constitution d’un espace économique commun. L’UNASUR s’est déjà dotée d’un Conseil de défense au sein duquel les ministres et les chefs d’état-major concernés se réunissent pour discuter des questions de sécurité régionale sans la présence des représentants du Pentagone. Alors, pourquoi pas l’ALBA ? C’est ce qu’a probablement pensé Evo Morales qui a proposé et fait adopter par le Sommet la création d’un Conseil de défense de l’Alliance. Il sera chargé, entre autres, d’élaborer une doctrine militaire commune aux États membres et des dispositifs de formation évacuant le traditionnel endoctrinement des forces armées de l’Hémisphère par les écoles militaires et les conseillers américains.
L’accord pour la constitution de l’espace économique de l’ALBA-TCP (ECOALBA-TCP) est sans conteste le document le plus ambitieux issu du Sommet de Caracas car il a une portée qui dépasse le cadre de l’Amérique latine. Il se lit comme un réquisitoire contre les traités de libre-échange en général et, pour un Européen, comme un manifeste contraire aux principes régissant l’UE dans la mesure où il subordonne l’économie et le commerce à des finalités politiques, sociales, écologiques et culturelles. On citera seulement ici quelques éléments d’un texte de 20 pages qui mérite d’être lu intégralement [1].
Dans le préambule, l’objectif assigné à l’ECOALBA est « la distribution équitable des richesses et l’encouragement à des formes de propriété populaires, coopératives et sociales des moyens de production ». L’intégration n’est pas contradictoire avec des politiques nationales volontaristes : « Tous les pays peuvent s’industrialiser et diversifier leur production par une croissance intégrale de leur économie. Nous rejetons la prémisse « exporter ou mourir » et remettons en cause un modèle de développement fondé sur des enclaves exportatrices » (article 2.4). Est reconnu le droit, « pour des pays moins développés, d’augmenter leurs droits de douane pour protéger leurs industries naissantes, ou lorsqu’ils l’estiment nécessaire pour leur développement interne et le bien-être de leur population » (article 2.11). On n’en finirait pas de relever toutes les ruptures que contient cet Accord avec les règles de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale. Sans parler de celles de l’UE, déjà citée…
Certes il faudra du temps avant que les échanges intra-ALBA (hors hydrocarbures) atteignent une masse critique suffisante, dans le volume global des échanges commerciaux des États membres, pour que les principes de l’ECOALBA trouvent leur pleine application. D’ores et déjà, la Banque de l’ALBA va voir ses moyens renforcés, chaque pays membre y déposant 1 % de ses réserves de change, ce qui représente 300 millions de dollars pour le seul Venezuela.
Le cadre est en place et il devrait faire l’objet d’une étude attentive dans tous les partis et mouvements sociaux – où qu’ils soient dans le monde - à la recherche de constructions inter-étatiques alternatives au modèle libre-échangiste. Non plus théoriques, mais réellement existantes !
Vigilance après les meurtres en série
« La folie homicide, quel que soit le cadre de référence dans lequel elle s'inscrit, raciste, nationaliste, xénophobe, constitue toujours un événement singulier qu'il est vain de vouloir ramener à une cause. Les revendications alléguées par le tueur présumé impliquent sa vision du monde et rien de plus. Ce type de drame frappe rarement par hasard. S'il est vrai que ce ne sont pas des propos sur la viande halal ou la supériorité des races qui ont armé le meurtrier, ils ont chargé notre pays de tensions, de haine et de craintes fragilisant le vivre ensemble. C'est la somme de ces peurs qui expliquent, au-delà de la solidarité et de la colère, l'ampleur du trouble qui sévit. Au-delà des corps qu'elles ont martyrisés, les balles tirées visaient l'école, l'armée, la République et ses valeurs d'égalité et de fraternité. D'où l'importance d'une réaction ancrée sur la défense de ces valeurs, loin de tous les amalgames et polémiques qui viseraient à faire endosser à une cause politique les dérèglements meurtriers d'un psychopathe. La Ligue des Droits de l'Homme appelle à la vigilance pour que soit réaffirmée l'égalité entre tous ceux qui vivent et travaillent en France. »
Pierre Tartakowsky,
Président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH)
publié le 22 mars 2012 dans L'Humanité
Pour une Journée Romero pour le droit à la vérité
• 24 mars 2012 16:00
Indications du lieu: Église Saint-Roch (à Québec)
À l'occasion de la commémoration de la vie d'Oscar Romero, cet événement annuel est pour les victimes de violations graves des droits humains et pour la dignité des personnes victimes.
Cette journée, 24 mars soit le jour de l'assassinat d'Oscar Romero, a été nommée par l'ONU la Journée pour le droit à la vérité.
Contexte - Pourquoi : Le 24 mars 1980 au Salvador, l’archevêque Oscar Romero, qui était devenu la voix d’un peuple opprimé et terrifié, une voix qui, lors des messes, nommait clairement les violations graves des droits humains, mais aussi une voix qui prêchait la paix et la justice, fut assassiné dans son église. À cette époque, l’ambassadeur US John Negroponte supervisait et aidait des escadrons de la mort au Salvador. L’élite espérait taire le peuple… mais l’étouffement tragique de la voix d’Oscar Romero, au contraire, fut le lancement d’un soulèvement massif.
Tous les 24 mars de chaque année, nous commémorons la mort de ce grand porte-parole du message de Jésus.
Oscar Romero est le symbole d’une personne de classe sociale favorisée qui a eu le courage de faire partie du peuple et de partager leurs souffrances. Par sa croyance que les Chrétiens doivent dénoncer l’injustice et la violence économique ou systémique, il est aussi devenu un exemple de la Théologie de la libération.
http://www.reseauforum.org/grille-calendrier/node/6008
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2012/03/23/23823498.html
Indiens d'Amérique : l'ethnocide continue !
Que cette image fasse le tour du monde !
Le Chef de la Tribu des Kayapo vient de recevoir la pire nouvelle de sa vie : Dilma, la présidente du Brésil, a donné son approbation pour la construction d'une énorme centrale hydroélectrique (la 3ème plus grandes au monde).
C'est la sentence de mort pour tous les peuples vivant prêt du fleuve, car le barrage inondera environ 400 000 hectares de forêt. Plus de 40 000 Indiens devront trouver de nouveaux endroits où vivre. La destruction de l'habitat naturel, la déforestation et la disparition de plusieurs espèces sont des faits !
Nous savons qu'une image vaut mille mots, et montre le véritable prix à payer pour la "qualité de vie" de nos bourgeois.
Lien du site officiel Raoni se bat: http://raoni.fr/signature-petition-1.php
Il n'y a plus dans notre monde de place pour ceux qui vivent différemment, que tout doit être aplani, que chacun, au nom de la mondialisation, doit perdre son identité, sa façon de vivre.
Je vous en prie, si cela vous indigne, copiez le texte ci-dessus et faites-le parvenir à tous ceux que vous connaissez ou cliquez sur le lien.
http://www.tv5.org/TV5Site/info/communiques-de-presse-article.php?NPID=FR252056
Appel des gauches antiproductivistes et Objectrices de croissance à voter pour Jean-Luc Mélenchon
Appel des gauches antiproductivistes et Objectrices de croissance à voter pour le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon
Premiers signataires :
Paul Ariès, directeur de la rédaction le Sarkophage
Jacques Testart, biologiste
Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale à l'écologie du Parti de Gauche
Mathieu Agostini, responsable commission écologie du PG
...
L’urgence écologique, sociale et politique nous interdit de nous taire même si nous ne nous retrouvons pas pleinement dans le programme du Front de gauche… qui n’est pas un projet encore assez de rupture. Nous militant (e )s, Objecteurs de croissance, antiproductivistes, anticonsuméristes, « écolos » antilibéraux, adeptes de la décroissance de gauche soutenons et invitons Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, à faire croître le débat autour de 4 grands thèmes :
1) Sortir de l’appauvrissement des peuples
Les modes de production et de consommation capitalistes sont suicidaires et reposent sur l’exploitation et la domination du Tiers-Monde. Notre enrichissement et nos modes de vie sont aussi la cause de leur appauvrissement croissant. Ce pillage joue dans les pays riches dans lesquels le nombre de naufragés ne cesse d’augmenter. Nous voulons « plus » pour ceux qui ont eu « moins ». Osons l’annulation des dettes du Tiers-monde. Osons le réexamen des dettes publiques.
2) Construire une société post-extractiviste
Cette économie fondée sur le pétrole nous conduit écologiquement dans le mur. Les pauvres en seront les premières victimes. Nous prônons les économies d’énergie et les énergies renouvelables mais en disant qu’il ne peut s’agir de remplacer le pétrole et le nucléaire par un mix énergétique qui permettrait de sauver les modes de production et de vie actuels…Nous devons inventer ensemble d’autres styles de vie. Osons la relocalisation des activités. Osons le ralentissement, Osons la planification écologique, Osons la coopération, Osons dire qu’être fidèles au projet « Yasuni-ITT », c’est, chez nous aussi, laisser dans le sous-sol les réserves les plus rares ou dangereuses.
3) Sortir du capitalisme
Gauche et droite partagent le même bilan effroyable en matière environnementale. Ces deux systèmes ont pillé la planète pour nourrir leur machine productiviste. Mais si le capitalisme est intrinsèquement productiviste, on peut imaginer un socialisme non-productiviste. Nous avons besoin pour cela d’une vraie gauche écologique qui en finisse avec la foi béate dans le « progrès » économique et la techno-science. Osons une gauche qui sache renouer avec les cultures et les modes de vie populaires. Osons mener la lutte des classes dans le domaine de la consommation comme dans celui de la production. Osons une science citoyenne. Osons multiplier les expérimentations sociales. Inventons un « éco-socialisme » municipal. Réinventons un syndicalisme à bases multiples de rupture.
Créons un mouvement coopératif à la hauteur de l’effondrement global qui vient. Inventons de nouveaux modes de délibération où des citoyens dûment informés et indemnes de compromissions indiqueront ce qu’est l’intérêt public, ce qui est bon pour l’écrasante majorité
4) Construire une société du Bien-Vivre
Nous sommes à l’écoute de tous les nouveaux « gros » mots qui se cherchent à l’échelle mondiale pour dire le besoin d’émancipation : le Buen-vivir amerindien, l’eudémonia (la vie bonne) des grecs, « les nouveaux jours heureux », etc. Le Bien-vivre n’est pas le bien-être au sens de la société de consommation occidentale. Osons changer notre rapport aux autres, à nous-mêmes. Osons changer nos rapports à la nature. Puisque les services publics sont la principale richesse des pauvres, faisons de la défense et de l’extension de la sphère de la gratuité, une gratuité économiquement, socialement, culturellement, politiquement construite, notre grand projet. Osons dire qu’on pourra ne plus être des forçats du travail et de la consommation que si la société assure à chacun de quoi vivre frugalement certes mais de façon totalement sécurisée et digne. Osons dire que la France mais aussi la planète sont déjà assez riches pour faire vivre tous ses enfants. Osons dire que ce n’est pas un problème de moyens (de grosseur du gâteau) mais de choix politiques. Osons dire qu’il ne s’agit pas de partager le gâteau actuel (PIB) car il est totalement empoisonné. Osons dire que la crise écologique nous interdit de refouler encore la grande question historique qui est celle du partage.
C’est pour toutes ces raisons et mille autres que nous voulons faire entendre notre voix dans la campagne unitaire du Front de gauche…Nous y serons présents avec notre spécificité pour y défendre notre conception d’une gauche écologiste, d’une gauche anticapitaliste et antiproductiviste, d’une gauche du Bien-vivre. Notre diversité est notre grande richesse.
La Grèce, première colonie de l’eurozone.
Voici la traduction en français d’une contribution d’une camarade grecque au séminaire TNI-CEO a Bruxelles les 28-29 février. Elle appelle au rassemblement international du 25 mars—je ne sais pas si quelque chose est prévu en France,
amicalement,
Susan George
À qui le tour ?
“La Grèce doit faire défaut si elle veut la démocratie”. Il y a quelques jours, Wolfgang Schäuble (le ministre des finances allemand) a révélé par ces mots quel est le modèle politique dominant en Europe. Le chantage s’exerce à visage découvert. Le nouveau plan qui est censé “sauver” le pays pour la 2e fois en deux ans repose sur cette phrase. La “Troïka“ (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) avec l’aide d’un gouvernement non élu et le soutien précieux des médias, a, pour la 2e fois, mis le peuple grec en joue. Des élections ne seront autorisées que s’ils y consentent…
Désormais le service de la dette est officiellement la priorité des priorités dans les différentes obligations de l’état (salaires, pensions, sécurité social). Peu importe le coût social, il faut rembourser les banques. Si nécessaire, la souvereineté populaire elle-même sera mise en pièces.
Un nouvel ensemble de mesures d’austérité a été voté il y a quelques jours par les deux tiers des parlementaires grecs, mais devant le parlement et partout dans le pays nous étions des centaines de milliers à crier que nous ne supporterons plus longtemps ce chantage. Beaucoup d’entre nous parce que nous n’avons pas le choix. Nous demandons aussi aux autres peuples de l’Europe de soutenir notre lutte. Chacun sent que tôt ou tard la tragédie grecque peut frapper à la porte, chacun sait que la raison véritable est la recherche du profit, peu importe les conséquences.
Voici les nouvelles mesures d’austérité qui vont frapper une société grecque déjà à genoux:
- la baisse des salaires ces deux dernières années a déjà été la plus marquée dans aucun pays européen en temps de pays ;
- 30% de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté ;
- plus d’un million de la population active est déjà sans emploi sur un total de 12 millions ;
- 25.000 sans abri errent déjà dans les rues d’Athènes et beaucoup d’ONG parlent de crise humanitaire.
Aujourd’hui, en plus, ils vont
- réduire de 22% le salaire minimum ;
- réduire de 22% le montant minimum des pensions ;
- réduire de 22% les allocations de chômage ;
- mettre à mal la concertation sociale ;
- licencier 150.000 fonctionnaires d’ici 2015 ;
- démanteler ce qui reste de la protection sociale et vendre ce qui est encore public pour trouver 50 milliards d’euros
Malgré toutes ces mesures, la dette grecque n’arrête pas d’augmenter (120% du PIB en 2009, 170% en 2012).
La cure va bientôt tuer le malade.
Ces mesures d’austérité seront bientôt “exportées” à d’autres pays. Certains l’admettent, d’autres essaient de gagner du temps, mais les chiffres de sont pas contestés. Que notre réponse à cette folie soit l’unité et le pouvoir de la solidarité…
La lutte du peuple grec est une lutte pour la démocratie et la justice sociale
contre l’oligarchie financière.
La mobilisation internationale du 18 février en solidarité avec le peuple grec nous donne la force de continuer.
Dimanche 25 mars (le jour anniversaire de la révolte en Grèce), nous appelons à une journée d’action européenne (manifestation – mobilisation - débats) contre l’avenir qu’ils nus préparent et qu’ils veulent imposer aux générations futures.
À nouveau, la place de la Constitution (Syntagma) à Athènes sera le centre de notre bataille pour une démocratie véritable, maintenant…
Faites passer l’info dans notre “village européen"…
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