Yonne Altermondialiste

inventer des comportements politiques différents pour CONSTRUIRE UN AUTRE MONDE

03 février 2010

Daniel Bensaïd nous a quitté mardi 12 janvier



Hommage de Là-bas à Daniel Bensaïd.

Dimanche 24 janvier 2010 à la Mutualité à Paris un hommage était rendu à Daniel Bensaïd. 

Une girafe dans un champs de mulots


Une girafe dans un champ de mulots. Voilà comment on peut représenter Daniel Bensaïd dans le paysage intellectuel d’aujourd’hui.
Ce que je dis n’est pas très aimable pour les mulots, c’est vrai. Mais, déjà parmi ces mulots, vous avez reconnu BHL ou Finkielkraut ou Cohn Bendit, ... À chacun son mulot.
Moi, c’est Télérama. À la mort de Daniel Bensaïd, Télérama a titré « Une pensée s’éteint ». Le lendemain sur leur site, ils ont rectifié, c’est devenu « Un penseur s’éteint ».
Mais rassurez-vous, cher Télérama, le penseur et la pensée sont restés allumés. Vous avez pris vos rêves pour des réalités. Sachez-le, la lutte continue !
Ah, bien sûr, les vieux soixante-huitards en chaise roulante continueront longtemps encore à se battre à coup de canne à propos de Kronstadt et des amours de Frida et Léon dans la maison bleue accrochée à la colline. Mais la lutte continue, elle se mobilise pour les Conti ou les Goodyear, elle lutte contre la privatisation de la Poste et contre la Pwofitassion, elle se bat pour ce qu’il appelait « l’éco-communisme ». Bensaïd voulait assurer la suite de l’histoire, il n’était pas du genre à mettre des enclumes dans les poches des enfants.
Et pour ça, j’avoue que je me suis un peu servi de lui en l’invitant à la radio. Pour dire, voyez, notre génération c’est pas que des renégats, pas que des publicitaires libertaires, pas que des épaves social-démocrate...Pas que ceux qui ont propagé la théologie de l’impuissance et du renoncement et qui ont installé la peur au cœur même du système social. Ceux qui nous ont persuadé que nous ne pouvons rien sur notre devenir, et -encore mieux- qui nous ont fait croire que toutes les luttes ont été vaines, quand elles n’ont pas conduit au goulag.
C’est ça l’irrésistible dont parlait Bensaïd. Résister à l’irrésistible, c’est résister à cette résignation c’est résister à ce détachement cynique qui justifie les inégalités, l’appropriation privée, la sauvagerie des rapports sociaux.
En fait Bensaïd n’avait jamais perdu la boussole de sa jeunesse. Le mot communisme par exemple. Il s’est cassé les reins à débarasser ce mot de toutes les casseroles pleines de gravats que l’histoire lui a accrochés dans le dos. Et Marx ? Marx revendiqué par Jacques Attali, Alain Minc et Joseph Staline...Comment débarrasser Marx de son manteau de plomb ?
Bensaïd a passé sa vie à nous dire que c’est par là que se trouvent les outils, les leviers et les munitions pour tous ceux qui n’ont pas renoncé à faire le pari de l’émancipation humaine.
Pour Bensaïd, cette émancipation n’est pas un pari, c’est une évidence. Cette émancipation vient du bas. On ne fait pas le bonheur des peuples malgré eux. Même si on est du côté de l’opprimé, et surtout si on est du côté de l’opprimé...Il revenait souvent sur « l’auto émancipation »
Sa boussole lui venait de ce bistrot toulousain où sa mère chantait « Le temps des cerises » et, où son père, dans le tiroir du comptoir, rangeait son étoile jaune, souvenir de Drancy.
C’est de là que lui venait ce dur désir d’égalité.
Sauf que l’égalité, nous ne la désirons qu’avec nos maîtres. Évidemment les maîtres et les dominants sont beaucoup moins enclins à l’égalité et au partage. Il faut parfois leur tirer un peu l’oreille et même leur tirer un peu dessus.
Car comme disait les Motivés « Il n’y a pas d’arrangement »
Ou bien tu luttes contre les abus du capitalisme en disant « un autre capitalisme est possible « ou bien tu cherches les voies et les moyens pour le renverser...
Non, la pensée n’est pas éteinte et le penseur non plus.
Comme disait Bensaïd, « Au moins pour s’épargner la honte de ne pas avoir essayé »,


La lutte continue !


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LA DÉPRESSION CITOYENNE COLLECTIVE ET LA VOIE SUICIDAIRE D’UNE PARTIE DU CORPS SOCIAL

LA DÉPRESSION CITOYENNE COLLECTIVE ET LA VOIE SUICIDAIRE D’UNE PARTIE DU CORPS SOCIAL
lundi 1er février 2010 (12h19)
27 commentaires

de LA LOUVE

Je précise d’emblée que cet article n’a aucune prétention scientifique, voire, emploie peut être à tort des concepts scientifiques ou prétendus tels, mais dans le sens que le plus grand nombre d’entre nous entend généralement...

Les habitants de ce pays, la douce France, seraient ceux qui consomment le plus d’anxiolytiques et antidépresseurs en ce bas monde. Faisons abstraction d’un phénomène comparable à mon sens, qui est celui des Etats-Unis où la sur-consommation de malbouffe et de crédits en tous genres joue peu ou prou le même rôle.

Comme toujours, on jette la pierre aux médecins - tous des incapables et des bons à rien. On peut aussi accuser les laboratoires pharmaceutiques. Ok. Mais ceux-ci expliquent non pas tant le besoin que le type de réponse actuellement offerte au besoin exprimé.

Oui, la France est devenue un pays de grands dépressifs. Nous sommes un pays de grands malades.

Parce qu’elle a été, à maintes reprises, le pays des plus grands espoirs politiques (au sens noble du terme) et que depuis des décennies, elle ne cesse de se perdre en turpitudes politicardes et électoralistes.

Plus hauts ont été les sommets à atteindre plus dure a été la chute.

La politique telle qu’elle est pratiquée quotidiennement dans ce pays depuis des années, sinon des siècles, qu’elle se dise "de droite" ou "de gauche", a fini par rendre le "corps social" totalement schizophrène. Et naturellement, dépressif face à la conscience aiguë de cette schizophrénie. Car constater un mal auquel on n’a aucune cure ne peut que rendre anxieux et dépressif.

Des maux (bien réels) qui n’affectent plus seulement les adultes, mais qui touchent également, par voie indirecte ( les parents, la famille) et directe (la confrontation dès leur plus jeune âge à un système qui marche sur la tête), les enfants, nos enfants et ceux des Autres ; c’est à dire l’Avenir de tous.

Les symptômes de cet état dépressif généralisé, nous les voyons tous les jours dans notre vie quotidienne. Les causes de cet état, nous les voyons également.

On nous a élevés dans l’idée (juste) qu’il ne fallait pas tricher. Or, la triche est institutionnalisée, sinon encouragée par tous moyens.Des hommes politiques condamnés pour fraude, détournement de fonds, injures racistes etc, peuvent continuer d’être candidats et sont même remerciés par l’attribution de présidence de commission sur la vie carcérale !

On nous a élevés dans l’idée (juste) qu’il ne faut pas s’en prendre aux plus faibles que soi, et que au contraire, les plus forts devraient protéger les plus faibles. Or, les plus faibles servent de bouc-émissaire et sont piétinés quotidiennement. Tout est fait pour expliquer que les chômeurs méritent leur sort et doivent être punis parce qu’ils sont chômeurs. Pas un doigt ne se lève au moment de l’opération "plomb durci" à Gaza...(soi dit en passant, ne cherchez pas pourquoi la cause palestinienne est emblématique pour de nombreux jeunes de banlieues ou pour de nombreux militants communistes - elle est le super-symbole de l’Injustice institutionnalisée avec un grand "I").

On nous éduque (ou plutôt on nous culpabilise) à protéger l’environnement (et protéger l’environnement est en soi un objectif juste et essentiel) mais observez le sol de la salle de cinéma où des milliers de spectateurs (sans doute de bonne foi mais particulièrement décérébrés) viennent de vautrer complaisamment leur mauvaise conscience dans la médiocrité dialectique d’un "Océans" ou d’un "la Terre vue du ciel" : les dalles sont couvertes de papiers, de pop-corn, de bouteilles. Une porcherie.

On nous élève dans l’idée qu’il faut respecter la Loi et l’Ordre mais la vie quotidienne est constellée de la victoire (petite ou grande) de ceux dont le premier principe est de ne jamais respecter la Loi et l’Ordre, de la cour de l’école maternelle au bureau en passant par les transports en commun, à commencer par le comportement de nombre des représentants des dites "forces de l’Ordre".

Des partis politiques nous expliquent que ce système nous fait crever (et c’est juste, ce système qui n’est pas seulement "économique", nous fait crever, quotidiennement, chacun de nous de mille manière différentes et pire, il fait crever l’Avenir et l’Espoir) mais leur premier acte est toujours de cautionner et de renforcer ce système.

J’en passe, la liste serait trop longue. Chacun de nous a mille exemples bien précis de ces contextes officiels et institutionnels propres à créer schizophrénie, angoisse, dépression.

Le drame, en plus, c’est que plus ce climat "pathogène" s’étend, plus le bonheur (ou ce que nous dit devoir être le bonheur) est présenté comme un impératif catégorique, et que celui ou celle qui ne peut pas l’atteindre, qui constate qu’il ne peut pas atteindre le bonheur tel que "notre société" le définit de façon maladive, est rejeté, perçu et se perçoit comme nul, minable, bon à rien, à jeter.

Et alors...

Alors on choisit :

LA CORDE. LA FENÊTRE. LA BALLE. LA PILULE...

Contre soi ou contre l’Autre (tuer un Autre, c’est toujours tuer une partie de soi et vice-versa).

Avez-vous vu que la RATP dans son souci faussement bienveillant de limiter les suicides sur ses voies, pose de plus en plus de "gardes-corps"?

Qui n’a pas l’impression, aujourd’hui, d’être atteint de ce mal qui ronge, insidieusement, sans toutefois bien savoir pour quoi on en est atteint puisque finalement dans notre vie prise isolément, cela peut ne pas aller si mal que cela? Et pourtant, qui, y compris parmi ceux qui estiment légitimement n’avoir pas trop de motifs d’angoisse, échappe actuellement réellement à la grande pieuvre de la dépression et de l’angoisse?

La réponse du "corps social" (comme du corps individuel) à ce type de pathologies, quand on ne rentre pas dans un processus de cure, ne peut être, à terme, que d’une rare violence. Une violence explosive.Une violence déchirante. Une violence qui se manifeste de plusieurs manières, et ne fait pas nécessairement une "révolution".

Je ne crois pas trop me tromper en disant que l’apathie du corps dit, cette fois, "électoral" (qui n’est pas exactement le même que le corps dit "social") ne fait que traduire, une fois de plus, cette prise de conscience aiguë, enfoncée dans nos chairs, ce ras-le bol et cette dépression profonde, que nous vivons à la fois individuellement et collectivement.

Nous n’avons pas ou plus envie d’aller voter parce que, si on se pose les questions du remède au mal, nous avons bien plus spontanément envie d’une solution radicale de l’ordre de "flinguer" toutes celles et tous ceux que nous rendons ( à tort ou à raison) responsables de cette angoisse, de cette schizophrénie généralisée, et ce depuis des décennies.

Nous souffrons, quotidiennement, et même chez nos soi-disant "défenseurs naturels" (à qui on peut encore moins le pardonner qu’à nos exploiteurs naturels) d’une absence de cohérence qui finit par faire norme ; nous souffrons de l’ambigüité comme état permanent de la conscience, et nous souffrons de ces maux sur lesquels de moins en moins, nous pouvons mettre des mots.

Notre énergie vitale est usée par la tension qu’induisent la schizophrénie et l’angoisse collectives, de plus en plus fortes.

En 2010, je mettrais ma tête à couper, qu’une journée de vie "normale" d’un salarié ou d’un chômeur "lambda" (enfants+boulot+maison+transports etc..) consomme, en situations anxiogènes, tracasseries administratives, rapports de domination sans frein, absence de solidarités, urgences physiquement éprouvantes, etc... ce qu’il nous fallait d’énergie pour toute une semaine il y a plusieurs décennies.

Le lundi soir ou disons allez, le mardi, une personne de 35 à 50 ans "normale" est déjà épuisée. Le 5 du mois elle est déjà au comble de l’angoisse de "la fin du mois".De tout ceci découlent des réactions en chaîne dans toute la famille, y compris étendue. Et donc, dans la société.

Déléguée syndicale, je ne vois pas, dans mon entreprise (où pourtant rien n’est "rose"), beaucoup de salariés qui veulent encore se battre pour "changer leur travail", leurs conditions de travail , leurs salaires. J’en vois de moins en moins, et de plus en plus qui ne rêvent qu’à une chose : larguer les amarres, quitter le bateau, fuir le monde, à commencer par celui du travail (qui nous suit jusqu’à chez nous, pendant la pause de déjeuner et y compris dans les transports en communs). Épuisés de vivre à 40 ans : "Comment je peux négocier un bon chèque pour me barrer?".

Allez faire défendre leurs retraites à des salariés ou des étudiants ou des chômeurs qui pour mille bonnes raisons et parfois sans le concevoir encore sont déjà dans une logique morbide et suicidaire? !

P. Mignard dans son dernier article intitulé "la Fronde" ici, parle de réaliser des expériences alternatives concrètes de résistance et de subversion du système, à l’échelon local.

Je ne peux pas repousser d’un revers de main cet objectif. Au contraire. "L’agir" m’apparaît de plus en plus comme une nécessité.

Mais je m’interroge sur ce qu’on doit entendre par là, sur les chances de succès à moyen terme, et surtout, sur les moyens intellectuels à notre disposition (la dialectique, je pense) pour appréhender le déroulement de ces expériences alternatives concrètes, afin qu’elles ne soient pas vues comme des échecs et donc que, in fine, le remède ne soit pas pire que le mal, compte tenu de notre état actuel.

Plus que jamais, je me dis que notre Avenir tient en grande partie dans l’éducation et l’enseignement (qui sont deux choses différentes), mais d’abord et surtout à la façon dont nous concevons éducation et enseignement -et donc, le maître et l’élève mais surtout la FINALITÉ réelle de l’enseignement - (car il va de soi que de mon point de vue la façon dont on les envisage doit profondément changer si on veut en faire des instruments de résistance valables).

On nous agite ces derniers temps les épouvantails des expériences ratées, monstrueuses, inhumaines, qui ont eu comme objectifs de créer un "nouvel être humain" - sur ce point là précis, les médias mettent sur le même plan nazisme et stalinisme, qu’ils appellent honteusement "communisme".

Par tous moyens, on nous explique que c’est la liberté dite "individuelle" (comme si cela existait vraiment pour l’Homme - la question n’est pas tranchée il me semble...) qui doit nous prémunir de ce type d’expériences , expériences forcément dangereuses et mauvaises, à ne pas tenter, - comme si ce grand Paquebot rapiécé qu’on appelle "Éducation Nationale" ne servait pas précisément à fabriquer, aussi, cet "homme nouveau" dont le système capitaliste va avoir de plus en plus besoin pour se maintenir de façon à peu près pérenne.

Je finis par me demander si nous pouvons oser rêver refaire un jour de la Politique (avec un grand P), comme je l’ai déjà défini ailleurs, sans se réapproprier d’abord urgemment la question de l’Éducation et de l’enseignement comme moyens d’autodéfense intellectuelle et donc de résistance concrète au quotidien, et au delà la question de la formation des êtres et des esprits?

Plus j’y pense, moins je le crois. Apprendre et enseigner, là est la clef.

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01 février 2010

Porto-Alegre 2010

Le mois de janvier est généralement calme. Heureusement, il y a les sommets mondiaux : le forum social à Porto-Alegre et le forum économique à Davos. On a l’habitude de dire que c’est dans la station suisse que se joue le sort du monde. Les gens importants, c'est-à-dire les financiers et les patrons des grands trusts qu’ils mettent en place, décident de ce qu’ils vont faire subir à la plèbe.

Lorsqu’il a été lancé en 2001, le forum social mondial s’est voulu le pendant, du forum économique. Il s’agissait de montrer qu’un autre monde est possible et qu’il y a des propositions concrètes et réalisables. Il s’agissait aussi de mettre au premier plan ceux qui, sur le terrain, doivent réparer les dégâts causés par l’autre forum mondial.

Las, passé le succès de curiosité, les médias se désintéressent. Ils pensent que ça n’est pas vendeur de parler à la population mondiale de leurs problèmes quotidiens et de la façon de les résoudre ou, au moins, de les atténuer. Faut-il rappeler que les principaux médias se trouvent entre les mains des financiers, précisément ? Quelqu’un comme Rupert Murdoch possède de nombreux journaux à grands tirages et de nombreuses chaines de Tv en Australie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Des centaines de millions de personnes prennent pour de l’information ce qui relève de la propagande libéraliste. En plus, les victimes paient de leurs poches pour se faire endoctriner au contraire de la propagande politique grossière des Etats totalitaires du passé. La dernière guerre contre l’Irak n’aurait pas été possible sans le formidable maillage des médias des groupes de Murdoch. En France, deux très grandes entreprises liées aux commandes de l’Etat possèdent les deux principaux groupes de presse : Lagardère (qui fabrique aussi de l’armement aérien) et Dassault (qui fabrique des avions de combat).

Donc, la presse française ne parle pas du forum de Porto-Alegre sauf pour dire brièvement que les participants « se cherchent » et ne proposent pas de véritable alternative.

On dit qu’il aurait fallu une véritable mobilisation après la crise de l’an dernier. Quelle blague ! qui parle des mouvement sociaux, des initiatives de protestation ? Qu’on songe que les dizaines de sans-abris meurent chaque hiver en France dans l’indifférence.

http://lanternediogene.canalblog.com/archives/2009/12/29/16317820.html

En revanche, les pays les plus touchés par les crises fomentées à Davos voient les choses différemment.

http://www.journaldumali.com/article.php?aid=994

Comme très souvent, les journalistes ne s’informent pas et suivent le commentaire de l’un d’entre eux. C’est comme ça qu’une information unique, partielle et partiale, s’impose comme vérité officielle. Pourtant, il faut s’intéresser à Davos pour savoir quelle sera la prochaine crise mais il faut aussi s’intéresser à Porto-Alegre pour s’en protéger et –pourquoi pas ? – s’en débarrasser.

Un autre monde est toujours possible !

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26 janvier 2010

Michèle Dessenne : sa feuille de route pour les régioanles

Comment dire en 5 minutes la force qui anime le M’PEP Mouvement politique d’éducation populaire pour se jeter dans la bataille des régionales 2010 avec les listes Ensemble à gauche ?

D’abord, dire que pour mener la campagne tambour battant il nous appartient de regarder devant et de garder au cœur les raisons de notre engagement : réconcilier éducation populaire et repolitisation des citoyens.

Nous voulons changer l’ordre établi, radicalement, et mettre en œuvre des politiques nouvelles, égalitaires, non discriminantes, respectueuses de la souveraineté populaire. Nous avons l’objectif, Ensemble, de faire plier la domination capitaliste et de faire naître une société où se conjuguent justice sociale et préservation de l’environnement, de l’eau, de la biodiversité. Une société rouge et verte. Ici mais aussi au-delà des frontières. Où le travail ne rime plus avec exploitation mais avec intérêt collectif, dignité et écologie. Où l’emploi devient un droit opposable. Une société qui place les femmes à égalité des hommes, dans tous les domaines, où la laïcité prend le pas sur les fondamentalismes. Où la loi faite par le peuple l’emporte sur le Medef, l’OMC, l’Union européenne, le FMI, la Banque mondiale. Où un nouveau système de commerce international s’appuyant sur la Charte de la Havane de 1948 inspire des échanges équilibrés entre le Nord et le Sud.

Telles sont nos ambitions.

Les élections régionales constituent une étape significative. Elles peuvent permettre de construire un bouclier social et environnemental face aux politiques dévastatrices du gouvernement Sarkozy qui détruit le programme du conseil national de la Résistance, défait le collectif au profit de l’actionnaire. Un espace de résistance et de désobéissance aux politiques de l’Union européenne qui piétine la souveraineté populaire et impose ses directives libérales.

Ensuite, pour mener notre campagne avec détermination, ayons en tête pour qui nous nous battons.

Pour la jeunesse, diplômée ou non, dégoûtée par le sort qui lui est fait, blessée par la précarité et la privation d’emploi, méprisée par un gouvernement qui poursuit ses contre-réformes de l’université, du lycée, qui détruit la recherche, méprise les enseignants.

Pour les habitants des quartiers populaires, ciblés par les politiques sécuritaires alors qu’ils souffrent d’abord et avant tout de la violence de l’insécurité sociale.

Pour les salariés de la fonction publique que le gouvernement insulte, et qui malgré leur résistance pour sauver l’hôpital public, l’éducation nationale, la Poste, la Justice, voient leurs rangs s’affaiblir par la diminution drastique de leurs effectifs. Les abandonnant face aux besoins croissants des populations, notamment en matière de soins, et en particulier dans les zones rurales.

Pour les travailleurs privés d’emploi par les délocalisations, les licenciements boursiers, la destruction de l’industrie et des métiers. Pour ceux qui résistent comme pour ceux qui se désespèrent.

Pour les femmes plongées dans le travail à temps partiel, les petits salaires et les retraites de misère, les violences sociales et sexuelles.

Mais aussi pour les altermondialistes, qui ont mis leurs forces dans la campagne contre le traité constitutionnel européen et qui vivent comme une traîtrise le bradage qui a été fait de la démocratie.

Et pour les femmes et les hommes qui créent des alternatives d’économie sociale et solidaire.

Alors nous avons le devoir de construire un scénario victorieux.

Imaginons que l’alliance Ensemble, qui inscrit la solidarité dans ses programmes et l’incarne par son identité et son histoire, qui porte en bannière la coopération et pas la concurrence, et qui place l’unité comme condition indispensable pour répondre aux aspirations des catégories populaires, des ouvriers, des salariés, des étudiants, des agents du service public, des chômeurs, des paysans écrasés par le jeu spéculatif et les multinationales de la grande distribution, mais aussi à celles des artisans broyés par la sous-traitance.

Imaginons donc que les listes Ensemble démontrent au soir des élections régionales que le peuple de France a décidé de reprendre son destin en main.

Nous aurions des élus dans les conseils régionaux, des élus qui ne se compromettent pas dans des alliances sans principe mais construisent les bases du changement.

Alors, les listes Ensemble apparaîtraient, avec celles et ceux qui auront voté pour elles, comme de puissants désobéissants.

Désobéissants à l’ordre de la fatalité qui a remplacé la raison et la critique, désobéissants aux dogmes libéraux, désobéissants aux grands médias, désobéissants au sein des conseils régionaux face à la directive services, ex Bolkestein, de l’Union européenne qui marchandise les services publics. Désobéissants au nom de l’égalité, au nom du peuple qui aurait élu cette gauche, en lien étroit avec celles et ceux qui se mobilisent, pour le logement, l’éducation, la formation professionnelle, les services et les transports publics, pour une agriculture saine et respectueuse de l’environnement, pour l’accès aux soins et à la prévention, à la contraception et à l’IVG.

Alors c’est une autre étape qui s’ouvrirait. Celle qui permettrait de construire en France une force politique de gauche, fière et combative, au service de la transformation sociale dont nous avons tous besoin.

Dès maintenant nous devons convaincre que ce scénario est possible et qu’il peut faire ressurgir la capacité d’insurrection populaire. Notre campagne unitaire est une promesse pour demain, pour une démocratie vivante.

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05 décembre 2009

Un Paysan, avec un grand P !

Je suis souvent surpris par les prises de position d’écolos bobos sur l’agriculture. Manifestement beaucoup y connaissent peu de chose, pourtant ils ne se gênent pas de nous abreuver de moult conseils, des affirmations parfois totalement farfelues.

On voit aussi fleurir beaucoup d’associations dont ne peut nier la bonne volonté, des bons sentiments, mais pas beaucoup de pragmatisme, et surtout, ce ne sont pas souvent les premiers intéressés qui nous parlent de leur milieu.

Les agriculteurs, les paysans, ceux dont les mains sentent la bouse de vache sont remplacés dans ces sphères pensantes par des intellectuels se voulant de grands philosophes, voire des humanistes patentés, voire des ingénieurs agronomes qui ne savent même pas planter un poireau, pourtant il me semble que l’éleveur de vaches «Parthenaise» est le premier intéressé à l’avenir de son métier, et par la même occasion à sa sauvegarde intelligente.

Alors, pour ces agriculteurs déjà en partie écartés des débats sur leur avenir, le capitaliste en remet une couche en voulant les transformer en industriels, voire carrément les remplacer par des industriels.

C’est pourquoi, sur le film, «Pour quelques grains d’or» de David Briffaud et Fabien Mazzoco je voulais avoir l’avis d’un agriculteur, qui plus est, responsable syndicale. Il m’a répondu par un courrier assez long et très documenté sur son métier, ceci suscité par le film en question qui dénonce l’utilisation de l’argent publique pour satisfaire un nombre restreint d’agriculteurs hyper-productivistes.

Courrier tellement riche et intéressant que je n’ai pu m’empêché de le faire partager, même à l’occasion le mettre en débat car il aborde des thèmes importants pour notre avenir et celui de la planète….

J’ai mis en gras quelques passages de la lettre à Jean-Claude qui me semblaient primordiaux !

Bonjour Michel,

J’ai regardé le film que tu m’as envoyé, ce documentaire a le mérite de poser le problème du devenir de l’agriculture.

Sa première qualité, c’est bien sûr le scandale de l’irrigation à outrance, j’ai dans mon département un exemple frappant, il s’agit du val d’Allier dans la partie la plus sèche, grosso modo entre Varennes sur Allier St Pourcain sur Sioule et Moulins, voire le début de la , c’est un sol sablonneux, (l’ancien lit de la rivière Allier, sol qui ne convient pas du tout à la culture de maïs) ; il n’y a pas si longtemps, 20 ans environ, c’étaient des prairies où l’on engraissaient des bœufs, depuis la PAC (1991) tous ces territoires se sont semés en maïs, le sol n’est qu’un support, ou ces « agriculteurs » amènent tout, de l’engrais à l’eau, pire ces cultures sont justes à côté des captages d ’eau pour Moulins et toutes les agglomérations voisines, 7 communes ont déjà une eau polluée.

Ce qui me fait rager c’est de voir ces pivots tournés toute la journée y compris entre 12 heures et 17 heures l’été au moment de la plus forte évaporation (1), pas un quart de l’eau jetée en l’air ne retombe par terre : happée par la forte chaleur se transformant instantanément en vapeur, et le peu qui arrive sur le sol chaud traverse le sable incapable de retenir cette eau, mais voilà un ha irrigué doit toucher 150 à 200€ de prime de plus qu’une culture sèche , voilà pourquoi les éleveur en ont été évincés,(Nota (1), techniquement cela s’appelle «l’évapotranspiration» ! M.M.).

Sur notre exploitation, je sème pour mes vaches entre 25 et 30ha de maïs dans de la terre argileuse sous paillage à base de film bio et photo dégradable fabriqué avec de la cellulose et de l’amidon , cela me coûte 200€ de plus à l’ha , je suis considéré comme n’importe quel cultivateur en culture sèche à tel point que mon comptable, la chambre d’agriculture, l’ADSEA et surtout ma banque nous disent que nous sommes fous , contre productifs voués à la faillite (ils n’ont peut être pas tort !), mais j’ai le sentiment de préserver l’eau : que je considère comme le bien de tous ; par contre, sur le terrain mon maïs fait un rendement correct voire équivalent à un maïs irrigué, mais voilà, je ne suis pas dans le moule. L’eau sous le paillage remonte du sous sol (1 à 2 mètre) et retombe en gouttelettes fines qui tiennent au frais ma culture, de plus ,le maïs est une plante qui détruit la structure du sol surtout en irrigation (Phénomène de battance, qui à terme asphyxie le terrain), cet inconvénient est supprimé par le paillage qui oblige cette plante à descendre très profond des coupes de terrain ont été effectuées, nous avons retrouvé des racines à plus d’un mètre cinquante de profond, de ce fait le sol est travaillé et permet une vie bactérienne et microbienne là ou elle était impossible ; une fois la culture prélevée nous semons une couverture végétale en fonction de nos besoins du printemps suivant ; trois avantages à cela : ne pas laisser le sol nu l’hiver, une production fourragère pour nos bêtes en début de printemps et un apport d’humus (notamment apporté par les racines de la couverture, colza ou ray-grass) quand j’enterre cette couverture avant une nouvelle culture, mais là encore : pas dans le vent ! Et financièrement tout faux : à court terme !

Dernier détail, depuis plus d’an nous avons abandonné le Soja, pour le remplacer par du colza produit en et , l’Ain et dans l’Allier, et par des drèches de Brasserie, des drèches de blé ou de maïs, il devient insupportable de voir le Brésil en particulier, envahis par Monsanto, l’environnement ruiné par le Soja transgénique et ses paysans souffrir de la faim, d’autres solutions sont possibles, j’en parlerai plus loin.

Tout cela pour te dire que j’ai apprécié ce documentaire, évidement pour le débat qu’il peut engendrer, car dans une grande majorité des cas, voire dans la plupart des cas c’est l’agriculture familiale qui est détruite, je parle de ce que je connais, par exemple, en élevage tous les cas de dopage d’animaux sont le fait de gros exploitants (Clembutérol, Somatotrophine), jamais d’exploitants familiaux –la somatotrophine est produite d’ailleurs par Monsento autorisée aux USA où plutôt fortement conseillée, une petite coopérative américaine qui voulait vendre du lait certifié sans somatotrophine a été condamnée pour distorsion de concurrence !

La paysannerie garde son bon sens, et en effet reste la garante d’une agriculture propre et respectueuse de l’environnement ; les paysans vivent du milieu, dans le milieu et n’ont qu’une envie, le protéger (pour combien de temps encore !), les autres ne pensent qu’a l’EBE, rentabilité, productivité.

C’est vrai aussi pour les grandes exploitations dites bio, qui, si elles ne travaillent pas avec des intrants détruisent le tissus rural ne pensant qu’a s’agrandir, c’est à dire en supprimant des actifs dans l’agriculture et par là même la vie de nos campagnes de la même façon que les autres : ce ne sont pas des paysans mais avant tout des gestionnaires, c’est pour cela que je suis très prudent en parlant de bio, en agriculture, dans les sphères pensantes de l’hexagone je pense à Hulot, voire la tète de liste écolo des européennes, personnage acquit à l’ultra libéralisme, y compris d’ailleurs Bové même si cela peut choquer.

Je dois dire que la grande majorité des bio avant la charte européenne l’étaient par vocation et ont réussi un travail étonnant –ceux de l’Allier font partie de mes amis j’en suis fier ; depuis , beaucoup de ceux qui s’y sont convertis l’on fait par calcul, par des subventions et les exemples ne manquent pas où les dérives y sont écœurantes ; non, le durable ne peut pas se situer dans la croissance à tout prix, non l’ agriculture n’écrira pas les cinquante prochaines années comme les quarante dernières car nous nous serons cassé la figure avant : je parle de l’humanité.

Le film est aussi intéressant car il fait intervenir des gens qui ne sont pas de la partie et c’est important, à la FDSEA 03 nous avons milité pour que les associations de citoyens soit présentes dans CDOA (commissions départementales d’orientation agricole) aujourd’hui tout est remis en cause ! (ce genre d’ouverture est pourtant indispensable car dans beaucoup de milieu écolos bobos, il est dit tout et n’importe quoi sur le monde agricole, manifestement beaucoup ont une méconnaissance totale de l’agriculture, M.M.).

Dans tous mes rapports d’orientation et mes interventions, je répète qu’il faut sortir le dossier agricole de l’OMC (rien n’est inéluctable) (j’ajouterai un propos plus radical en disant qu’il faut carrément se débarrasser de ce foutoir, M. M.), et comme l’eau, doivent être gérer par l’ONU (FAO) avec des pouvoirs renforcés dont la suppression du droit de véto, avec de réels pouvoirs juridiques : C’EST UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT POUR L’HUMANITE ; non, la nourriture, la terre, l’eau, ne sont pas des marchandises au sens commercial du terme ; je parlais du Soja plus haut, c’est l’exemple type, d’un coté on affament des populations, d’un autre on ruinent les paysans français pour nourrir leur animaux, les cours du soja sont fixés en bourse à Chicago (Bourse au cadran M.M.), toutes les productions vont subir le même sort, le ministre de l’agriculture français veut que dorénavant le prix du beurre et de la poudre de lait soit fixé de la même façon en Europe, nous atteignons le paroxysme du système fou où l’argent décide de tout, y compris l’insoutenable, c’est la société marchande dans ce qu’elle a de plus exécrable.

Le capitalisme ne se conjugue pas avec protection de l’homme et de son environnement !

Le même mensonge avec les agro-carburants, la question n’est pas dans la recherche de nouvelles énergies une voiture roulant avec leur « énergie verte » qui parcourt 800 km détruit la nourriture nécessaire à un enfant pour un an ! Mais dans la transformation des méthodes de transports, sur «Bellaciao» j’avais écrit sur ce déplacement des paysans en pour planter des palmiers à huile, là encore, pour un profit à cours terme, les pouvoirs en place affament la population, de même quand se sont mis employer le Maïs pour produire des agro-carburants, ils ont fait exploser le prix des tortillas mexicains, base de l’alimentation de ce pays.

Pourquoi abandonner le rail et le fret ?

Pourquoi abandonner le transport fluvial, tout cela au profit de légions de camions de plus en plus gros et polluants ?

Pourquoi produire à , en Chine ou ailleurs pour des économies de main d’œuvre et brûler des milliers de litres de fioul pour ramener la marchandise en Europe?

Pourquoi la voiture est t’elle la reine de notamment en ville : c’est un pur scandale.

Des bagnoles de dizaines de milliers d’euros à côté de gens qui font la manche et crèvent de faim ; cela me donne envie de vomir, non ce ne sont pas les formes d’énergie le problème même si le pétrole et le nucléaire sont une ignominie en soi.

C’est le système qu’il faut revoir de fond en comble.

Les productions alimentaires de cette planète doivent être produites tant en quantité qu’ en qualité afin que plus aucun être humain ne souffre de la faim(ils sont aujourd’hui plus d’un milliard) l’accession à la nourriture et à l’eau doit être un droit inaliénable et chaque état dont les citoyens souffrent de la faim doit être poursuivi par un tribunal international au titre de crime contre l’humanité .

Tu le dit très bien, il faut relocaliser les productions, éviter les transports aussi inutiles, imbéciles que dangereux, et surtout rendre à chaque pays son droit inaliénable à produire la nourriture de ses habitants.

L’ OMC, comme la PAC au niveau européen ont d’abord et avant tout comme objectif , une concentration des productions quel que soit les moyens de production dans des unités de plus en plus importantes, et une spécialisation des bassins à l’échelle des continents , c’est donc un défi monumental à relever, une dérive terrible à combattre, faute de vivre des lendemains qui vont à coup sûr pleurer, et voir arriver l’irréparable .

Je vais arrêter là, nous aurons l’occasion d’en reparler ; nous paysans, exploitants familiaux avons besoin de l’engagement des citoyens et les syndicats comme le notre aussi….

Seul nous ne pouvons rien ensemble tout est possible, il reste à convaincre !

Jean Claude Depoil


De : Mengneau Michel
dimanche 29 novembre 2009

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20 août 2009

l’absurdité de l’idéologie de la privatisation

Un texte fort intéressant sur les illusions de la concurrence et la casse des services publics qui en résulte.

http://www.ligo.fr/

Voici le texte :

I -UN EXEMPLE EDIFIANT DE CASSE SOCIALE :

LA POSTE

l’on comprend que le cas de

la Poste

illustre l’absurdité de l’idéologie de la privatisation...


I-A)

La France

dix fois plus riche,

la Poste

toujours plus pauvre...

Pour bien comprendre la situation, il convient de rappeler quelques chiffres. Le PIB de

la France

a été multiplié (en euros courants de 1990) par 10 entre 1914 et 2000. La production a donc été multipliée par 10. On parle à tort de richesse, c’est plus que la richesse : le PIB est l’accroissement annuel du patrimoine – une partie s’envole certes en consommation, mais une part non négligeable vient s’accumuler dans le patrimoine national. En dépit des dettes actuelles,

la France

actuelle est donc beaucoup plus riche que celle de 1914, bien plus que 10 fois plus... Elle produit en tout cas 10 fois plus qu’il y a 90 ans... Eh bien, on apprend aujourd’hui que

la Poste

ouvre le deuxième tiroir de son plan de réduction de ses bureaux pour 2010. Le premier volet prévoyait de passer de 19000 bureaux à 11000 en cinq ans, le deuxième volet envisage lui de passer de 11000 à 6000 !... Ainsi donc

la France

de 1914 qui était dix fois moins riche qu’aujourd’hui et qui comptait seulement 40 millions d’habitants jugeait nécessaire de maintenir 19 000 bureaux de poste et 100 ans plus tard les Français qui sont devenus 60 millions et qui habitent toujours 36 000 communes ne devraient se contenter que de 6000 bureaux. 13 000 communes perdraient leur poste au nom de la modernisation de l’économie et de la rationalisation des moyens...

I-B)

La Poste

ne coûte rien, mais rapporte à l’Etat...

J’entends d’ici les objecteurs (de bonne conscience...) qui diront : “oui mais ces fonctionnaires nous coûtent cher”... “on ne peut plus entretenir des bureaux dans des villages désertifiés...” Rappelons ici à tous ceux qui maîtrisent mal le vocabulaire économique que les employés de

la Poste

sont certes des “fonctionnaires” mais qu’ils ne sont pas payés par le budget de l’Etat ni par les impôts des contribuables. Ils sont payés par “les timbres poste”, tout simplement... Car

la Poste

est un service public marchand qui s’est toujours auto-financé par les services postaux qu’elle commercialise. Pendant les années 80,

la Poste

s’est même payé le luxe de verser chaque année 4 milliards de francs en moyenne à l’Etat pour rallonger son budget... Ces sont tous ces milliards envolés de caisses de

la Poste

pendant des années qui lui font peut-être défaut aujourd’hui pour provisionner largement ses pensions et moderniser certains bureaux. Alors comme on ne peut pas moderniser tous les bureaux, on ferme les bureaux, c’est plus simple. Et

la France

qui avait la meilleure poste du monde s’engage sur la voie d’une privatisation de ses services. Car c’est bien cela qui se profile derrière la suppression de 13 000 bureaux de poste. On supprime les bureaux “non-rentables”, c’est à dire ceux qui rapportent moins que ce qu’ils ne coûtent et on garde les bureaux “juteux”, c’est à dire ceux qui rapportent plus que ce qu’ils ne coûtent. Il s’agit bien évidemment d’un déni du principe de péréquation qui a toujours prévalu dans le service public : il n’est plus question de maintenir une égalité d’accès des citoyens aux services postaux (comment cela se pourrait-il quand on ferme 13 000 bureaux ?...) , mais de donner à l’entreprise “

la Poste

” toutes les apparences d’un placement attractif pour de futurs actionnaires : on repeint la façade (“window dressing” pour ceux qui pratiquent l’anglais financier...) afin de mieux attirer le chaland et les fonds de pension américains. Ces derniers rappelons-le exigent une rentabilité de 15% et on ne se suffira pas de 6000 bureaux : il faudra encore réduire les effectifs de la future poste privatisée pour payer les pensions des retraités américains....

I-C) Les énarques complexés à la manœuvre...

La Poste

correctement gérée ne coûte donc strictement rien à l’Etat et au contribuable et c’est simplement une idéologie de petits rentiers qui peut la conduire à s’auto-sacrifier sur l’autel du libéralisme. Les fonctionnaires énarques qui la dirigent depuis 10 ans sont d’ailleurs tellement complexés d’être fonctionnaires et de ne pas gagner les sommes faramineuses de leurs collègues du CAC 40, qu’ils accélèrent le mouvement de “modernisation”, c’est à dire de destruction de

la Poste

en tant que service public. Il en résultera bien évidemment une accélération de l’exode rural, la désertification complète et définitive de milliers de bourgs et villages français et l’entassement des populations dans des banlieues sordides (et tout aussi sous-développées en termes de services publics...). Encore de belles ballades en perspective pour Sarkozy à Argenteuil ou ailleurs... Bien sûr on nous parle de services alternatifs : des guichets postaux qui seraient proposés à des tabacs ou des épiciers. Mais comment maintenir un tabac ou une épicerie dans un village ou dans un bourg quand l’hôtel des impôts, le bureau de poste, la brigade de gendarmerie et l’école communale ont fermé ? Quand tous les habitants vont passer leur samedi à 30 kms de là, dans une zone commerciale sordide où le bureau de poste “rénové” trône sur un parking entre une “Halle aux chaussures”, un “Norauto” et la cafétéria du “Casino” ?... Belle évolution sociale !... Comment passer de la cohésion locale à la prolétarisation culturelle régionale ! Comment transformer des “villageois” ou des “bourgeois” dignes en consommateurs débiles qui zonent dans leur ZAC à la recherche de la dernière promo !... 100 ans de progrès industriel et social pour en arriver là !...


II- LE PRINCIPE DE CONCURRENCE EN QUESTION

Où l’on comprend que les effets de la concurrence  sont régis par certaines lois économiques qui ne sont pas généralisables à tous les marchés...

II- A) La concurrence libératrice ?
L’économie de marché trouve son apogée depuis quelques années dans une dérégulation intensive de la plupart des secteurs économiques. De privatisations en démantèlements de monopoles, d’ouverture à la concurrence en libéralisation, la certitude est désormais ancrée dans l’esprit du public piégé par le matraquage médiatique que la concurrence est une « révolution libératrice » pour le consommateur. Celui-ci a pu mesurer, dans les secteurs les plus tôt ouverts à la concurrence, les bienfaits qu’elle pouvait lui apporter : qui ne s’est pas rendu compte que sa facture de téléphone avait baissé fortement. Qui n’a pu bénéficier d’un vol Paris-New York à 500 euros ? Pourtant, derrière cette apparence libératrice, se fait jour une autre évidence : “La concurrence, c’est très emmerdant”. Car, dans les secteurs les plus concurrentiels, le consommateur se trouve confronté à une pluralité de choix très embarrassante. Il est désormais obligé de se forger une expertise technique et économique de haut niveau s’il veut être à même de juger avec pertinence des offres qui lui sont faites. Il est, de plus, en butte à une pression environnementale très forte : tout se passe comme si, culturellement, le consommateur avait échangé une « culpabilité chrétienne » contre une « culpabilité économique ». Ce sont ses enfants ou ses amis qui vont ainsi tenter de le ringardiser : « Comment ? Tu n’es qu’à 512 Kbits/s ? Moi, j’ai du 2 mégabits !… » Sa femme va tenter de le culpabiliser : « Comment se fait-il que nous payions 25 euros ? Les Durand sont malins eux, ils payent 14 euros !… » La guerre commerciale étant à son comble, celui qui veut rester à la page est obligé de jongler sans arrêt entre les différents opérateurs, au risque de pénaliser sa continuité de service et de s’engager dans des contentieux usants… La concurrence s’intensifiant dans certains secteurs, ce qui était initialement perçu comme une fonction libératrice tend à devenir une contrainte : les situations de monopole avaient ceci de satisfaisant pour le consommateur qu’il échangeait le regret de ne pas avoir de choix contre le soulagement de ne pas avoir à choisir ! On comprend dès lors comment, inconsciemment, l’imposition par une politique libérale de la concurrence à tous les services publics peut provoquer un rejet massif même si temporairement elle semble soulager le budget des consommateurs...

II-B) Pouvoirs et limites de la concurrence
Au-delà des impressions contradictoires qui peuvent naître de la « fonction libératrice de la concurrence », il apparaît aussi que cette notion pâtit de la confusion qui est entretenue dans l’esprit du public entre « privatisation » et « libéralisation », entre « monopole » et « service public », entre « dérégulation » et « concurrence » : des monopoles peuvent être privés (cf. le monopoles locaux de la distribution de l’eau), la dérégulation n’aboutit pas nécessairement à la concurrence (le consommateur anglais qui souhaite se rendre de Londres à Oxford en train n’a bien évidemment pas le choix de sa compagnie ferroviaire, sauf à choisir de passer par Glasgow au lieu de Reading…), des opérateurs privés peuvent se voir confier des obligations de service public (désenclavement des « zones blanches » ou portage des numéros pour les opérateurs de téléphonie mobile par exemples…). S’ajoute à cet aspect des choses la segmentation des fonctions qui étaient autrefois portées par un opérateur unique : production, transport, distribution, commercialisation sont désormais parfois répartis entre plusieurs opérateurs sans que le client final ne soit en mesure d’apprécier la pertinence de cette segmentation, ni d’en comprendre les enjeux. De cette incompréhension naît parfois un fort mécontentement face à une forme d’irresponsabilité des opérateurs en cas de discontinuité du service : qui sait ce qui se passe exactement entre sa prise téléphonique et le serveur d’un fournisseur d’accès internet ? En cas de panne, qui en est responsable ? On comprend donc que pour le consommateur final, « libéralisation » rime parfois avec « confusion » et « concurrence » avec « absence de transparence »…


II-C) La concurrence et la loi de l’abondance
Au-delà des remarques précédentes qui sont de nature « relationnelle » (elles correspondent au vécu, à l’expérience du consommateur confronté à la liberté de la concurrence), il existe d’autres obstacles à une concurrence vertueuse qui sont de nature économique. Le secteur des télécoms est souvent mis en avant parce qu’il reflète le mieux les bienfaits que la concurrence apporte au consommateur : liberté de choix – baisse de coûts – augmentation des performances – émergence et satisfaction de nouveaux besoins… Mais ce secteur dispose d’un atout bien particulier : c’est l’abondance quasi-illimitée des ressources qui génère la spirale vertueuse des offres concurrentielles. Car les télécoms, comme l’informatique sont régis par la loi de Moore : « tous les 18 mois, la performance de systèmes est multipliée par 2 à coût égal » ; quand j’ai commencé ma carrière à la fin des années 80 dans l’informatique, les modems transmettaient à 5 Kbits/s, 20 ans après (12 fois 18 mois), l’internet est aujourd’hui desservi commercialement à 10 Mbits/s ce qui corrobore tout à fait la loi de Moore (5K x 2^12 = 10 000K…).  Nous sommes donc en présence d’un marché où règne l’abondance des ressources. Et cette abondance est elle-même génératrice de nouvelles sources de valeur : on commence par transporter de la voix, puis des données, puis des images, puis de la musique, puis de la vidéo ; ces flux représentant des valeurs économiques toujours croissantes. A performance égale (ou à flux égal), il est évident que les opérateurs peuvent se livrer sans grand risque à une guerre des prix, sachant que la ressource leur coûte toujours moins cher à partir du moment où ils la partagent entre un nombre croissant d’utilisateurs… A l’inverse dans d’autres secteurs ouverts à la concurrence, les transports aériens par exemple, l’abondance, si elle existe, n’est pas structurelle mais conjoncturelle : elle n’est pas liée au coût complet du service (qui reste fixe) mais à son coût marginal (en fonction du taux de remplissage), ni à une évolution de structurelle de l’offre mais à une évolution conjoncturelle de la demande (l’offre ne devient surabondante que lorsque la demande baisse du fait d’une crise économique par exemple). Dans cette situation d’abondance conjoncturelle et marginale, la concurrence n’est pas créatrice de valeur mais destructrice de valeur à l’échelle macro-économique : la guerre des prix devient très périlleuse pour les opérateurs, il suffit pour s’en rendre compte de regarder le nombre de faillites dans le secteur aérien. Le marché du transport aérien n’est donc pas un marché d’abondance, mais un marché ajusté (soit en pénurie de ressources en cas de reprise de la demande, soit à l’équilibre, soit en ajustement marginal). Le marché de l’énergie n’est pas non plus un marché de l’abondance. On peut même, sans risque de se tromper, prédire qu’à moyen ou long terme ce sera un marché de vraie pénurie structurelle. Les énergies stockables peuvent bénéficier d’un levier d’ajustement sur le moyen terme entre l’offre et la demande, mais l’électricité qui n’est pas stockable reste assujettie à des effets de levier extrêmement marginaux d’ajustement (effets de crête). Seule une politique d’optimisation des frais généraux permet de vendre moins cher sans que la croissance du marché génère des marges de manœuvre supplémentaires comme dans les télécoms : on comprend dès lors le non-sens que constitue l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et comment cette même concurrence a failli conduire la distribution d’électricité à la ruine en Californie. On comprend donc que la concurrence n’est vertueuse (bénéfique aux producteurs comme aux consommateurs) que dans les secteurs économiques ou règne une situation d’abondance des ressources (comme les télécoms...) mais qu’elle est très pernicieuse dans tous les autres secteurs où les ressources sont rares.


II-D) La concurrence et la loi de l’offre
Une autre considération est à prendre en compte pour juger des vertus de la concurrence : c’est celle de la nature du marché ; est-ce un marché de l’offre ou un marché de la demande ? Le marché des télécoms est à l’évidence un marché de l’offre. C’est l’abondance des ressources qui génère de nouveaux besoins et partant de nouvelles offres : parce que les débits le permettent, apparaissent de nouvelles offres de video-on-demand, de TV par internet, etc qui suscitent des besoins de consommation chez les clients du fait du désir mimétique (“je veux un téléphone 3G pour marquer mon égalité avec mon patron”)… Ces nouvelles offres justifiant une demande croissante de ressources dans une spirale vertueuse en terme de valeur. Le secteur des transports aériens est aussi devenu un marché de l’offre dans son versant loisir : on ne voyage pas parce que c’est une nécessité, mais parce que des offres alléchantes suscitent le besoin de s’évader… Le secteur de l’énergie n’est pas un marché de l’offre. C’est un marché de la demande : on ne se chauffe pas plus parce que le prix du fioul baisse… On n’allume pas plus la lumière parce que le prix de l’électricité baisse. C’est un marché de la nécessité : la multiplication des offres ne crée pas de nouveaux besoins générateurs de valeur. On comprend là aussi que la concurrence est plus vertueuse sur les marchés d’offre et pernicieuse sur les marché de la demande. A cet égard le cas de

la Poste

est mitigé : les services de messagerie sont presque des marché de l’offre dans la mesure où l’ouverture de certains services originaux créent de nouveaux besoins (notamment dans le e-commerce...). Mais les services postaux généraux restent un marché de la demande : on n’expédie une lettre que parce que l’on en a besoin, pas parce que le prix du timbre a baissé... On comprend donc que l’externalisation et la semi-privatisation de Chronopost n’est pas forcément idiote dans ce contexte. A contrario l’extension de cette logique à toute

la Poste

est absurde parce que la loi de l’offre la contrarie totalement.


III- LE ROLE DE L’ETAT

Où l’on comprend que rien ne s’est jamais fait de grand dans un pays occidental sans l’impulsion de l’Etat...

L’Etat impulseur
Qui a mené un homme sur

la Lune

? Monsieur Rockfeller et son entreprise ? Ou le milliardaire Howard Hugues ? Ou encore Donald Trump ? Bien évidemment, c’est l’Etat fédéral américain qui pour des raisons de prestige politique a investi des centaines de milliards de dollars dans la course à l’espace via l’agence nationale NASA. Evidemment quantité de sous-traitants privés en ont bénéficié. Mais ce sont les milliards du budget fédéral (et de l’impôt) qui ont fait l’affaire. Idem en France, où le programme Concorde, puis Airbus, ainsi que le programme Ariane ont fait de l’industrie aérospatiale française la deuxième du monde. On pourrait parler aussi du nucléaire en France, mais surtout du ministère de

la Défense

aux USA qui a déversé des milliers de milliards de dollars de subvention sur les industries du Texas et de l’ouest américain... Internet en est sorti avec toute la société de l’information comme était sorti du New deal de Roosevelt le rebond prodigieux de l’industrie américaine qui allait lui donner la suprématie mondiale en 1945. Même dans les télécoms, est-ce la concurrence qui a fait la puissance des télécoms français et américains ? Bien évidemment non, ce sont les monopoles d’Etat en France ou les monopoles privés contrôlés par l’Etat aux USA qui ont permis à France Telecom, à Alcatel, à ATT (Lucent) de se hisser au plus haut niveau et de bâtir des infrastructures de premier plan. En France c’est le plan de numérisation intégral du réseau des PTT lancé par Gérard Théry sous Giscard qui permet aujourd’hui à

la France

d’avoir un des internets les moins chers du monde et un des taux d’équipement en très haut débit les plus importants ...

L’Etat innovateur
Pourquoi aucun industriel n’a-t-il jamais réussi à vendre une ligne TGV aux Américains ? Pourquoi un train qui mettrait le centre de New York à 3/4 d’heure du centre de Washington n’a-t-il jamais vu le jour ? Parce que là-bas, ce type d’investissement dépend d’investisseurs privés... Personne n’est prêt à risquer 1 dollar sur un investissement rentable en 30 ans seulement !... Imagine-t-on un seul instant que si

la SNCF

avait été privatisée en 1970, le TGV aurait vu le jour ? Bien évidemment non. Nous avons la réseau ferré le plus efficace, le plus ponctuel (n’en déplaise à ses détracteurs...), le plus rapide du monde... Et bien évidemment il est de bon ton d’en appeler à sa privatisation... Qui n’aura d’autre effet que de transférer dans un premier temps les dividendes des investissements réalisés il y a vingt ans à des intérêts privés, à faire supporter la charge de la péréquation à des collectivités territoriales et au contribuable et dans un second temps de voir ralentir les investissements et s’user nos installations. Car des intérêts privés à la tête de

la SNCF

  (ou de plusieurs SCF...) n’auront d’autre objectif que d’extraire le plus rapidement possible le maximum de fric de l’entreprise à court terme, au détriment du confort et de la sécurité des voyageurs, des conditions de travail des salariés, du développement régional du pays. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le film édifiant de Ken Loach, The Navigators (2001)...

L’Etat investisseur
Partout où l’Etat abdique son rôle d’investisseur, les investissements privés reculent. On le constate en France depuis 20 ans. Ce sont les investissements de l’Etat, en Europe comme aux USA, qui drainent et favorisent les investissements privés !... C’est encore une supercherie de faire croire aux électeurs que le recul de l’Etat (par la baisse des impôts et la baisse des dépenses publiques) favorise des masses monétaires disponibles pour l’investissement. On ne l’a jamais vu nulle part. Quand l’Etat rétrécit, c’est l’épargne à court terme qui augmente. Il suffit de voir l’état de la recherche privée et publique européenne pour s’en convaincre. Depuis que Elf et Total ont été fusionnés et privatisés et rendent compte à des conseils d’administration aux ordres de la finance internationale, leurs investissements en R&D n’ont jamais été aussi bas ; malgré des profits records ! La situation est la même dans l’industrie pharmaceutique où ne sont plus recherchés que des blockbusters marketing au retour sur investissement élevé mais à l’effet thérapeutique ou à l’impact en terme de santé publique très faibles...

L’Etat régulateur
Partout où l’Etat abdique de son rôle de régulateur, les intérêts privés ne concourent plus à l’intérêt général.

La France

de ces 10 dernières années en donne aussi un bon exemple. On peut en effet tolérer que des monopoles soient délégués au privé à condition que l’Etat exerce une forme de tutelle. C’était le cas en France par exemple dans le secteur de l’eau. Suez (Lyonnaise des eaux),

la CGE

(devenue Vivendi puis Veolia) et dans une moindre mesure Bouygues (Saur) se partageaient certains monopoles locaux de la distribution de l’eau. Chacune de ses sociétés comprenait que son intérêt immédiat n’était pas d’abuser de sa position dominante mais de concourir à l’intérêt général. Bien sûr, il y avait de la corruption, mais pas trop. Et puis les tarifs pratiqués étaient sensiblement équivalents aux tarifs pratiqués par les régies municipales. Tout le monde s’y retrouvait. Parce que ces entreprises étaient dirigées par d’anciens grands commis de l’Etat qui savaient jusqu’où ne pas aller trop loin. C’était le temps du capitalisme à la française. Qui s’en plaignait ? Tout a changé quand les anciens grands commis (Messier en premier) se sont affranchis de la tutelle relationnelle de l’Etat pour se soumettre par ambition, strictement personnelle, à la finance internationale. Il s’agissait dès lors d’obtenir des taux de rentabilité exorbitants en même temps que des stock-options faramineuses. Et l’on a vu les tarifs s’envoler parfois à plus du double ou du triple des anciennes régies municipales que des maires corrompus s’empressaient de privatiser. Cela n’a été possible que parce que s’est infiltrée au gouvernement (à droite comme à gauche) une idéologie libérale qui s’est mise à haïr le rôle régulateur de l’Etat et à encenser la gestion privée.

* *
*



Mais ces considérations économiques ou sociologiques n’ont rien à faire dans le débat politique actuel. Le libéralisme total est à l’offensive et le combat mené par les seuls syndicalistes de la fonction publique est stigmatisé car désigné comme défense d’avantages et de privilèges. C’est en partie vrai : le départ à la retraite des cheminots à 52 ans ne tient plus aujourd’hui face à l’évolution démographique et aux conditions de travail (les cheminots ne passent plus 30 ans à respirer du poussier de charbon, la tête au vent comme Jean Gabin dans

La Bête

humaine !...).  Mais ce qui apparaît aussi, c’est que certains combats d’arrière garde menés par certains syndicats servent de paravents à la droite libérale pour faire passer des réformes totalement absurdes sur le plan économique. La droite libérale française est d’ailleurs totalement nulle en économie comme en témoignent les performances catastrophiques de ces deux plus dignes représentants que furent Raymond Barre et Edouard Balladur ou plus récemment Sarkozy et Fillon qui vont creuser la dette d'une manière abyssale et atteindre près de 8% de déficit...

La question du service public va devenir centrale dans les prochaines occurrences politiques. Non pas que les Français soient passionnés par la structure du conseil d’administration qui dirige les services publics. Mais bien parce qu’il s’agit du rôle de l’Etat en tant qu’impulseur de nouvelles politiques d’aménagement du territoire, en tant qu’innovateur de nouveaux services, ou en tant que régulateur des services marchands au nom de l’intérêt général. C’est bien celui-ci qui risque d’être battu en brèche pour la défense d’intérêts particuliers ou catégoriels. La crise des banlieues a été le révélateur du recul de ce principe républicain d’égalité devant les ressources et les services que les conditions géographiques ou historiques ont conféré à

la France. Il

s’agit désormais de savoir si les Français pourront poster un courrier au même prix selon qu’ils habitent Paris, ou Vélisson-sur-Gardoule, s’ils auront accès au haut-débit internet selon qu’ils sont en ville ou en zone rurale, s’ils devront prendre leur voiture pour se rendre à Paris parce que

la SNCF

aura fermé leur ligne, si les instituteurs de leur ZEP seront aussi qualifiés que ceux de Neuilly , ou même encore s’ils verront désormais les tarifs des services qu’ils ont financé varier en fonction de la tête du client ou de politiques commerciales compréhensibles de seuls quelques initiés...


Au delà de l’égalité inscrite dans la constitution et revendiqués par les droits de l’homme, il s’agit de savoir si les Français vont rester des citoyens arbitrant par la politique les choix concernant leurs services publics, ou s’ils vont devenir de simples consommateurs manipulés... Si la politique consiste à bâtir une cité, c’est à dire une communauté de vie harmonieuse ou les rapports entre les citoyens sont régis par la loi et non pas par la puissance de quelques uns... Si comme on le dit il faut créer des emplois dans les services en lieu et place de l’industrie, alors s’agit-il d’emplois de “promeneurs de caniches” ou “de rangeurs de pulls” (voir Sharon Stone dans le film de Jim Jarmush, Broken Flowers...) au service des vainqueurs de la mondialisation ou d’emplois dignes dans de véritables services d’intérêt public... S’il s’agit développer les services et de les rapprocher des citoyens ou s’il s’agit de fermer les bureaux et de rapprocher les consommateurs de zones commerciales déshumanisées et repoussantes... S’il s’agit, dans un double mouvement, d’entasser en banlieue sous-développée des cadres moyens et des employés fuyant les loyers exorbitants du centre ville et d’ex ruraux poussés vers la ville à cause de la désertification de leurs bourgades par les services publics, ou s’il s’agit de penser une vraie politique d’aménagement du territoire... S’il s’agit enfin de construire une société où les gens se respectent, ou s’il s’agit de démonter pierre après pierre notre société fondée sur les droits de l’homme et du citoyen pour la remplacer par une société néo-féodale où n’interagissent que les rapports de force...

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01 mai 2009

1er mai unitaire

Premier mai unitaire, a-t-on dit ?

C’est vrai. Dans la foulée des 29 janvier et 19 mars, et malgré les organisateurs qui avaient annoncé l’ordre dans lequel les syndicats devaient avancer les uns derrière les autres, les délégations étaient mêlées et c’est tant mieux !

Quel plaisir de retrouver des copains, des copines, des gens qu’on n’avait pas vus depuis longtemps, d’autres qu’on n’imaginait pas dans une manif. Ce plaisir de se retrouver, paradoxalement a fait capoter les slogans et les chants. Le cortège a progressé silencieusement ce qui a découragé les meneurs de marquer l’arrêt obligatoire devant la préfecture. Beaucoup l’ont regretté mais les organisateurs avançant devant pour les photographes ignoraient la base. Ils ont cru que le silence valait démobilisation. Quelle erreur !

Un regret : l’absence de jeunes. Ils sont encore en vacances et leurs professeurs aussi. Cependant, il ne faudrait pas croire non plus que le gouvernement et le patronat ont gagné. L’unité s’est faite, elle est en marche. Les salariés, les retraités et les chômeurs voient bien que, au-delà de nos divergences passées, nous avons des difficultés communes et que nos différences enrichissent le débat et apportent des solutions. La grande différence avec des mouvements passés, c’est que ces manifestations rassemblent des femmes et des hommes qui se connaissent, s’estiment parfois et qui ne se cantonnent pas à des rôles de portes banderoles. Certes, pour le pouvoir c’était plus commode avant. On savait quel pion avancer pour bloquer tous les autres et semer la zizanie. Unis, nous sommes plus forts et plus humains.

La sociale ne s’essouffle pas : elle avance !

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La grippe porcine et le pouvoir monstrueux des grands élevages industriels

L’auteur, Mike Davis a écrit un livre dont le titre est : Le monstre frappe à notre porte

Il y dénonce la globalisation libéraliste qui favorise le développement de maladies nouvelles ou de formes nouvelles de maladies qui s’étendent à l’échelle mondiale avec la complicité de la plupart des groupes industriels mondiaux et des gouvernements.

En marge de ce livre, remarquons l’évolution dans l’appellation de cette nouvelle grippe. D’abord, on l’a appelée « grippe porcine » puis « grippe mexicaine », comme pour dire que ça n’arrive qu’aux autres. Ensuite, il a été décidé de la nommer « grippe A » afin, très officiellement de ne pas stigmatiser les éleveurs de porcs ni les Mexicains. En clair, personne n’est responsable. C’est la faute à pas de chance. De toute façon, nous avons les moyens d’y faire face avec notre Tamiflu. Mangez du porc tranquillement, évitez juste d’aller au Mexique et de fréquenter ceux qui en viennent.

On nous disait un peu ça au début de la deuxième crise de la vache folle. Ça évite de chercher les causes et surtout les responsables. Ils devraient rendre de comptes et comme ils n’auraient sûrement pas envie de porter le chapeau tout seuls, d’autres seraient éclaboussés. Marchons donc pour la « grippe A » en attendant la grippe B.

Rappelons, en passant, que la Bretagne pratique un élevage porcin démesuré, responsable de la pollution de toutes les nappes phréatiques de la région et d'autres pollutions, sans parler des odeurs que subissent tous les Bretons. La moindre maladie qui prendrait là-dedans décimerait tous les élevages à cause de l'intensivité et de la promiscuité.

La gripe porcina y el monstruoso poder de la gran industria pecuaria

Mike Davis

The Guardian

Mike Davis, cuyo libro El monstruo llama a nuestra puerta ( trad. María Julia Bertomeu, Ediciones El Viejo Topo, Barcelona, 2006) alertó lúcida y brillantemente del peligro de una gripe aviar pandémica de alcance mundial, explica ahora cómo la gran industria pecuaria globalizada ha sentado las bases para un más que preocupante brote de gripe porcina en México.


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> La gripe porcina mexicana, una quimera genética probablemente concebida en el cieno fecal de una gorrinera industrial, amenaza subitáneamente con una fiebre al mundo entero. Los brotes en

la América

del Norte revelan una infección que está viajando ya a mayor velocidad de la que viajó con la última cepa pandémica oficial, la gripe de Hong Kong en 1968.

> Robándole protagonismo a nuestro último asesino oficial, el virus H5N1, este virus porcino representa una amenaza de ignota magnitud. Parece menos letal que el SARS [Síndrome Respiratorio Agudo, por sus siglas en inglés] en 2003, pero, como gripe, podría resultar más duradera que el SARS. Dado que las domesticadas gripes estacionales de tipo A matan nada menos que a un millón de personas al año, incluso un modesto incremento de virulencia, especialmente si va combinada con una elevada incidencia, podría producir una carnicería equivalente a una guerra importante.

> Ello es que una de sus primeras víctimas ha sido la consoladora fe, inveteradamente predicada por

la Organización Mundial

de Salud (OMS), en la posibilidad de contener las pandemias con respuestas inmediatas de las burocracias sanitarias e independientemente de la calidad de la sanidad pública local. Desde las primeras muertes por H5N1 en 1997, en Hong Kong,

la OMS

, con el apoyo de la mayoría de administraciones nacionales de sanidad, ha promovido una estrategia centrada en la identificación y el aislamiento de una cepa pandémica en su radio local de brote, seguidos de una masiva administración de antivirales y –si disponibles— vacunas a la población.

> Una legión de escépticos ha criticado ese enfoque de contrainsurgencia viral, señalando que los microbios pueden ahora volar alrededor del mundo –casi literalmente en el caso de la gripe aviar— mucho más rápidamente de lo que

la OMS

o los funcionarios locales puedan llegar a reaccionar al brote original. Esos expertos han observado también el carácter primitivo, y a menudo inexistente, de la vigilancia de la interfaz entre las enfermedades humanas y las animales. Pero el mito de una intervención audaz, preventiva (y barata) contra la gripe aviar ha resultado valiosísimo para la causa de los países ricos que, como los EEUU y el Reino Unido, prefieren invertir en sus propias líneas Maginot biológicas, antes que incrementar drásticamente la ayuda a los frentes epidémicos avanzados de ultramar. Tampoco ha tenido precio este mito para las grandes transnacionales farmacéuticas, enfrentadas en una guerra sin cuartel con las exigencias de los países en vía de desarrollo empeñados en exigir la producción pública de antivíricos genéricos clave como el Tamiflu patentado por Roche.

> La versión de

la OMS

y de los centros de control de enfermedades, de acuerdo con a cual ya se está preparado para una pandemia, sin mayor necesidad de nuevas inversion es masivas en vigilancia, infraestructura científica y regulatoria, salud pública básica y acceso global a fármacos vitales, será ahora decisivamente puesta a prueba por la gripe porcina, y tal vez averigüemos que pertenece a la misma categoría de gestión “ponzificada” del riesgo que los títulos y obligaciones de Madoff. No es tan difícil que falle el sistema de alertas, habida cuenta de que, sencillamente, no existe. Ni siquiera en

la América

del Norte y en la
Unión Europea.

> Tal vez no sea sorprendente que México carezca tanto de capacidad como de voluntad política para gestionar enfermedades avícolas y ganaderas, pero ocurre que la situación apenas es mejor al norte de la frontera, en donde la vigilancia se deshace en un desdichado mosaico de jurisdicciones estatales y l as grandes empresas pecuarias se enfrentan a las regulaciones sanitarias con el mismo desprecio con que suelen tratar a los trabajadores y a los animales. Análogamente, una década entera de advertencias de los científicos fracasó en punto a garantizar transferencias de sofisticada tecnología viral experimental a los países situados en las rutas pandémicas más probables. México cuenta con expertos sanitarios de reputación mundial, pero tiene que enviar las muestras a un laboratorio de Winnipeg para descifrar el genoma de la cepa. Así se ha perdido toda una semana.

> Pero nadie menos alerta que las autoridades de control de enfermedades en Atlanta. De acuerdo con el Washington Post, el CDC [siglas en inglés del Centro de Control de Enfermedades, radicado en Atlanta; T.] no se percató del brote hasta seis días después de que México hubiera empezado a imponer medidas de urgencia. No hay excusa que valga. Lo paradójico de esta gripe porcina es que, aun si totalmente inesperada, había sido ya pronosticada con gran precisión. Hace seis años, la revista Science consagró un artículo importante a poner en evidencia que, “tras años de estabilidad, el virus de la gripe porcina de

la América

del Norte ha dado un salto evolutivo vertiginoso”.

> Desde su identificación durante

la Gran Depresión

, el virus H1N1 de la gripe porcina sólo había experimentado una ligera deriva desde su genoma original. Luego, en 1998, una cepa muy patógena comenzó a diezmar puercas en una granja de Carolina del Norte, y empezaron a surgir nuevas y más virulentas versiones año tras año, incluida una variante del H1N1 que contenía los genes internos del H3N2 (causante de la otra gripe de tipo A que se contagia entre humanos).

> Los investigadores entrevistados por Science se mostraban preocupados por la posibilidad de que uno de esos híbridos pudiera llegar a convertirse en un virus de gripe humana –se cree que las pandemias de 1957 y de 1968 fueron causadas por una mezcla de genes aviares y humanos fraguada en el interior de organismos porcinos—, y urgían a la creación de un sistema oficial de vigilancia para la gripe porcina: admonición, huelga decirlo, a la que prestó oídos sordos un Washington dispuesto entonces a tirar miles de millones de dólares por el sumidero de las fantasías bioterroristas.

> ¿Qué provocó tal aceleración en la evolución de la gripe porcina? Hace mucho que los virólogos están convencidos de que el sistema de agricultura intensiva de

la China

meridional es el principal vector de la mutación gripal: tanto de la “deriva” estacional como del episódico “intercambio” genómico. Pero la industrialización granempresarial de la producción pecuaria ha roto el monopolio natural de China en la evolución de la gripe. El sector pecuario se ha visto transformado en estas últimas décadas en algo que se parece más a la industria petroquímica que a la feliz granja familiar que pintan los libros de texto en la escuela.

> En 1965, por ejemplo, había en los EEUU 53 millones de cerdos repartidos entre más de un millón de granjas; hoy, 65 millones de cerdos se concentran en 65.000 instalaciones. Eso ha significado pasar de las anticuadas pocilgas a ciclópeos infiernos fecales en los que, entre estiércol y bajo un calor sofocante, prestos a intercambiar agentes patógenos a la velocidad del rayo, se hacinan decenas de millares de animales con más que debilitados sistemas inmunitarios.

> El año pasado, una comisión convocada por el Pew Research Center publicó un informe sobre la “producción animal en granjas industriales”, en donde se destacaba el agudo peligro de que “la continua circulación de virus (…) característica de enormes piaras, rebaños o hatos incremente las oportunidades de aparición de nuevos virus por episodios de mutación o de recombinación que podrían generar virus más eficientes en la transmisión entre humanos”. La comisión alertó también de que el promiscuo uso de antibióticos en las factorías porcinas –más barato que en ambientes humanos— estaba propiciando el auge de infecciones estafílocóquicas resistentes, mientras que los vertidos residuales generaban brotes de e scherichia coli y de pfiesteria (el protozoo que mató a mil millones de peces en los estuarios de Carolina y contagió a docenas de pescadores).

> Cualquier mejora en la ecología de este nuevo agente patógeno tendría que enfrentarse con el monstruoso poder de los grandes conglomerados empresariales avícolas y ganaderos, como Smithfield Farms (porcino y vacuno) y Tyson (pollos). La comisión habló de una obstrucción sistemática de sus investigaciones por parte de las grandes empresas, incluidas unas nada recatadas amenazas de suprimir la financiación de los investigadores que cooperaran con la comisión.

> Se trata de una industria muy globalizada y con influencias políticas. Así como el gigante avícola Charoen Pokphand, radi cado en Bangkok, fue capaz de desbaratar las investigaciones sobre su papel en la propagación de la gripe aviar en el sureste asiático, es lo más probable que la epidemiología forense del brote de gripe porcina se dé de bruces contra la pétrea muralla de la industria del cerdo.

> Eso no quiere decir que no vaya a encontrarse nunca una acusadora pistola humeante: ya corre el rumor en la prensa mexicana de un epicentro de la gripe situado en torno a una gigantesca filial de Smithfield en el estado de Veracruz. Pero lo más importante –sobre todo por la persistente amenaza del virus H5N1— es el bosque, no los árboles: la fracasada estrategia antipandémica de

la OMS

, el progresivo deterioro de la salud pública mundial, la mordaza aplicada por las grandes transnacionales farmacéuticas a medicamentos vitales y la catástrofe planetaria que es una producción pecuaria industrializada y ecológicamente desquiciada.

> Mike Davis es miembro del Consejo Editorial de SINPERMISO . Traducidos recientemente al castellano: su libro sobre la amenaza de la gripe aviar ( El monstruo llama a nuestra puerta , trad. María Julia Bertomeu, Ediciones El Viejo Topo, Barcelona, 2006), su libro sobre las Ciudades muertas (trad. Dina Khorasane, Marta Malo de Molina, Tatiana de

la O

y Mónica Cifuentes Zaro, Editorial Traficantes de sueños, Madrid, 2007) y su libro Los holocaustos de la era victoriana tardía (trad. Aitana Guia i Conca e Ivano Stocco, Ed. Universitat de València, Valencia, 2007). Sus libros más recientes son: In Praise of Barbarians: Essays against Empire (Haymarket Books, 2008) and Buda's Wagon: A Brief History of the Car Bomb (Verso, 2007; traducción castellana de Jordi Mundó en la editorial El Viejo Topo,

Barcelona

, 2009)..

> Traducción para www.sinpermiso.info : Marta Domènech y María Julia Bertomeu

>
 

http://www.sinpermiso.info/textos/index.php?id=2528

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29 mars 2009

SAMEDI 4  AVRIL 2009. journée  SANS ACHATS!!!

D'autres pays l'ont déjà fait. Et ils ont réussi à  faire baisser le prix des pâtes alimentaires pour l'Italie. Deux jours de  grève d'achats à suffit pour faire reculer l'énorme augmentation du prix des  pâtes.

   

  Même action au Liban pour le prix du pain, le  lendemain de la grève d'achats le prix du pain reprenait son ancien  prix.

 

  PARTICIPEZ AU MOUVEMENT NATIONAL SAMEDI 4  AVRIL 2009

LE GOUVERNEMENT ET LES GRANDS FINANCIERS DE  CE PAYS SE  SOUVIENDRONT :

  Vous êtes invités, tous  et toutes, ce jour-là à ne RIEN ACHETER surtout :

     - L'ESSENCE - GAZOIL  - TABAC

  - JEUX DE HASARD (ts jeux de la Française des Jeux)

   -  ALCOOL

   - BOYCOTT DE LA GRANDE DISTRIBUTION (sauf les petits  commerces de proximité)

   - ESSAYER DE NE PAS ETRE VERBALISE  (radars, feu rouge, stop,  stationnement....)

 

    Avec un minimum d'organisation, nous pouvons tous y arriver.

   Ce message n'est issu d'absolument aucun parti politique ni    d'aucun  syndicat.

   

  Imaginez l'impact que ce mouvement solidaire national pourrait engendrer.

   Cette action sera et c'est certain plus efficace que n'importe  quelle grève ou  manifestation !!!!.

 

  CETTE  ACTION FERA CHANGER LES CHOSES ;

   DIFFUSEZ CE TEXTE TOUS VOS CONTACT INTERNET...FAITES VITE, La date sera  vite arrivée

   PREVENEZ VOS AMIS, COLLEGUES,  FAMILLES....... qui eux même préviendront à leur tour, leurs amis,  familles, etc ......

  L' EFFET BOULE DE NEIGE SE FERA  NATURELLEMENT

  Servons nous d'internet, cette  merveilleuse invention. AIDONS NOUS et nous parviendront à  faire reculer la vie chère. Ne dites pas "cela ne servira à rien "  Observez le 5 avril les réactions constatées grâce à vous,  grâce à nous. Cessons de nous plaindre et AGISSONS

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Après les élections professionnelles à la SNCF

Les Echos 26/03/2009

SUD-rail, service maximum

http://www.lesechos.fr/info/enquete/4845823-sud-rail-service-maximum.htm [ 26/03/09  ]

A Paris Saint-Laza re, SUD-rail a endossé le costume d'opposant radical à la direction de la SNCF. Derrière ces actions spectaculaires, le syndicat tire sa force de son travail minutieux sur le terrain, prêt à se mobiliser même pour un carreau cassé en gare. Une stratégie payante pour le moment, ce que devront confirmer les élections professionnelles d'aujourd'hui.

Procès ou grève, les adhérents SUD-rail ne visent qu'une seule chose : construire le rapport de force. La progression sans fausse note du syndicat lui a permis de prendre une place sur le podium derrière la CGT.

C'est un bâtiment perdu au milieu d'un immense terrain vague. Sur cette zone des Batignolles bientôt promise à un grand projet immobilier ne subsistent que quelques vestiges du passé, comme ces voies de chemin de fer mangées par les mauvaises herbes. Il suffit alors de marcher quelques mètres, au milieu des gravats, en direction de ce panneau perché à 20 mètres de hauteur, annonçant un garage Mazda disparu depuis plusieurs semaines. Et soudain, une vaste banderole déployée ne laisse plus de place au doute : le visiteur vient de trouver les locaux du syndicat SUD-rail de Paris Saint-Lazare, désormais connu de toute la France après la fermeture de la gare en janvier dernier. « Nous ne pourrons déménager qu'en juin pro chain. Alors, d'ici là, nous sommes un peu comme les derniers des Mohicans sur ce terrain complètement abandonné », s'amuse Dominique Malvaud, l'un de ses responsables.

Si SUD-rail avait voulu marquer sa singularité, il n'aurait pas fait mieux que ce paysage quasi lunaire. Il n'en avait presque pas besoin : fait extrêmement rare dans l'histoire cheminote, Nicolas Sarkozy s'en était pris frontalement au syndicat après le chaos de Saint-Lazare. « Je ne peux pas accepter qu'une organisation syndicale irresponsable casse le service public en fermant la deuxième gare de France », avait alors tonné le président de la République, au terme d'un conflit social dur qui avait perturbé pendant plus d'un mois le quotidien de quelque 450.000 voyageurs.

« De la place pour tout le monde »

Depuis, la direction de la SNCF comme les autres organisations syndicales s'inquiètent des retombées des déclarations présidentielles : à l'heure des pronostics, beaucoup mettraient une pièce sur SUD-rail comme gagnant des élections professionnelles qui se tiennent aujourd'hui. « Ils ne pouvaient pas rêver de meilleur coup de pub », persifle un responsable d'une fédération concurrente. Le jugement fait pourtant tiquer Dominique Malvaud. « Ce n'est pas un cadeau, car ça nous radicalise et nous propulse dans la sphère politique. Or, notre force, c'est le ter rain. » Pas politique, SUD-rail ? L'organisation syndicale, créée après les grèves de décembre 1995, traîne pourtant l'image inverse, perçue par beaucoup comme une courroie de transmission de l'ex-LCR (Ligue communiste révolutionnaire). « C'est un cliché, les militants viennent d'horizons très différents », juge Jean-Michel Denis, chercheur associé au CEE (Centre d'études de l'emploi). Dans ses tracts, l'organisation ne manque, certes, jamais l'occasion de dépasser le strict cadre cheminot, appelant à « rechercher une société rompant avec les inégalités sociales qui sont le fondement du système actuel ». Pas sûr, toutefois, que les voies pour y parvenir émergent facilement, avec des sections où l'on peut aussi bien retrouver des trotskistes que des anarchistes libertaires, des socialistes déçus ou des ex-communistes. « SUD, c'est une valise dans laquelle il y a de la place pour un peu tout le monde », s'amuse un vieux routier des relations sociales.

Le véritable ciment de l'organisation vient de son mode de fonctionnement. « La volonté est de proposer une pratique syndicale qui soit différente de celle très institutionnalisée des autres syndicats », décrypte Jean-Michel Denis, également maître de conférences en sociologie à Marne-la-Vallée. « La CGT a déserté en partie les pratiques quotidiennes du militanti sme, en consacrant de plus en plus de temps aux instances représentatives. SUD-rail vient partiellement combler un vide », ajoute un ex-cégétiste. Sur le terrain, les syndicalistes de SUD essaient donc de conquérir leur légitimité. Parfois, c'est juste un détail, comme pour Olivier, converti il y a seulement trois mois : deux jours après son arrivée à Paris, deux adhérents venaient le voir. Trois mois plus tard, il attend toujours que le délégué CGT lui dise bonjour. « La base de notre travail, ce sont les tournées. La semaine dernière, j'ai passé une soirée sur les quais du RER D. Si on n'y va pas, comment peut-on connaître la réalité des horaires décalés ? », ajoute Sébastien Chatillon, délégué à Paris Sud-Est.

Méthodiquement, les militants vont donc au contact de tous les métiers de la maison. Toujours à l'écoute, et surtout prêt à batailler au moindre prétexte contre la direction, aussi bien pour le cheminot au statut que pour le maître-chien employé par une entreprise sous-traitante de la SNCF. « C'est du syndicalisme consumériste, ils sont prêts à défendre n'importe quelle cause pourvu que ça gêne la direction », dénonce un cadre de la SNCF. « Les revendications catégorielles, ça fait partie de nos missions. Bien sûr qu'il faut se battre contre le carreau cass9 dans les toilettes », répond avec verve Fabien Villedieu, un des représentants à Paris Sud-Est (gare de Lyon).

« L'assemblée générale est souveraine »

Ce conducteur de trains de trente et un ans fait partie de cette jeune génération séduite par le fonctionnement du syndicat. Autour de lui, dans les locaux de la gare de Lyon perdus tout au bout du quai N, les trentenaires sont nombreux à s'affairer autour des photocopieuses pour imprimer les derniers tracts de la campagne des élections professionnelles. « L'âge moyen des adhérents est un peu plus jeune que dans les autres organisations », explique le sociologue Jean-Michel Denis. Ce qui séduit les jeunes ? Une organisation moins bureaucratique que dans les autres syndicats, et où personne n'est censé pouvoir cumuler plus de deux mandats représentatifs de trois ans. Avec comme corollaire une grande liberté laissée à la base. « A la CGT, la hiérarchie décide toujours de la fin d'un conflit. Pas chez SUD, pour qui l'assemblée générale est souveraine », explique un cadre de la SNCF. Si bien qu'une grève peut s'éterniser tant que celle-ci est reconduite, ne serait-ce que par 10 cheminots seulement...

Et des grèves, avec SUD-rail, il y en a beaucoup. Dans le document « stratégie d'actions » adopté lors de son congrès de 2006, il n 'est guère question de dialogue social. En revanche, « de la pétition à la grève générale autogérée, en passant par les manifestations, les rassemblements, les grèves de 24 heures (...), nous ne rejetons a priori aucune forme d'action syndicale », précise le document. Et la liste n'est pas exhaustive. Depuis plusieurs années, les adhérents SUD passent aussi, aux yeux des cadres de la SNCF, pour de redoutables spécialistes du droit. L'utilisation par les conducteurs de Saint-Lazare de la grève de 59 minutes, possibilité jadis utilisée uniquement par les cadres ? Une idée de SUD. Un préavis de grève n'est pas reconnu valide ? Le procès aux prud'hommes suit rapidement. « Dans mon établissement, nous avons eu dernièrement trois procès que nous avons tous remportés », annonce fièrement Fabien Villedieu. Sans formation juridique, le jeune conducteur passe une grande partie de son temps libre le nez dans le Code du travail. Et, en cas de besoin, il peut s'appuyer sur le savoir-faire de ses aînés. A sa création en 1996, SUD a en effet dû essuyer plusieurs dizaines de procès en représentativité. « Ça les a forcés à se plonger dans le droit, et ils ont retourné cette arme juridique contre nous », constate un cadre de la SNCF.

Procès ou grève, les adhérents SUD-rail ne visent qu'une seule chose, un le itmotiv dans leurs discours : construire le rapport de force. « Les syndicats qui ont oublié que le rapport de force est un préalable ne sont plus des syndicats », juge Dominique Malvaud, à Saint-Lazare. En la matière, SUD-rail peut aller assez loin. Dès sa création en 1996, l'organisation syndicale avait marqué les esprits en envahissant le siège de la SNCF, alors à Saint-Lazare. Porte grillagée découpée, puis logos collés un peu partout, jusque dans la salle du conseil d'administration sur une vieille carte datant du XIXe siècle : les gens présents s'en souviennent encore. Depuis, le siège a déménagé près de Montparnasse, mais SUD a gardé quelques habitudes. Les hôtesses d'accueil ont déjà vu débouler plusieurs fois les fameux drapeaux verts de l'organisation. Au point que les services généraux se méfient désormais : ces temps-ci, une partie des portes d'entrée du siège de la SNCF sont barrées par des grilles, façon de prévenir toute intrusion. Il est vrai que la filiale Effia connaît un mouvement social dur depuis plusieurs semaines. On n'est jamais trop prudent...

« Avec ce genre d'actions, SUD a su se construire une image de pur et dur au service des cheminots. Mais c'est aussi sa limite : ce comportement très extrême peut effrayer bien des salariés », estime un bon connaisseur de la maison. A cet égard, les résultats de SUD à Saint-Lazare seront scrutés avec attention.

RENAUD HONORÉ, Les Echos

Bientôt quatorze ans d'histoire à la SNCF

La « marque » SUD n'a pas été créée à la SNCF. C'est en effet au sein des anciens PX1, en 1988, qu'est né le premier syndicat Solidaires, Unitaires et Démocratiques. L'initiative essaimera en 1995 à la compagnie ferroviaire, lors des grandes grèves contre le plan Juppé : des syndicalistes en rupture avec la CFDT fondent alors SUD-cheminot, qui deviendra par la suite SUD-rail pour marquer son attachement à tous les métiers de la filière. Aux élections professionnelles de 1996, le tout nouveau syndicat reçoit 5,33 % des suffrages. Il ne cessera ensuite de grignoter des parts jusqu'en 2004, où il obtient 15,53 % des voix des cheminots, ce qui en fait la deuxième organisation syndicale de la maison. Les élections suivantes, en 2006, marqueront un petit recul à 14,97 %. A la SNCF, nombreux sont ceux qui s'attendent à ce que SUD reprenne sa marche en avant aux élections qui se tiennent aujourd'hui.

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